L’écrivain Eric Dupont était l’invité d’honneur de la quatrième soirée littéraire organisée par la Délégation Générale du Québec à Londres, dans le cadre de la Semaine de la francophonie. La soirée était animée par Yan Rioux de la Librairie du Québec à Paris.

Né en Gaspésie, Eric Dupont a vécu en Salzbourg, Berlin, Ottawa, Toronto. Enseignant à McGill à Montréal, il est actuellement en résidence à la délégation Générale du Québec à Paris.

Dans Voleurs de sucre (Prix Jovette-Bernier), il raconte comment sa mère mettait du sirop d’érable dans le lait de son biberon pour le calmer ; La Logeuse (Combat des livres 2008 de Radio-Canada), « c’est un hommage au réalisme magique, une satire de la société québécoise, de l’humour acide… » ; dans Bestiaire, il nomme son père « Henri VIII » et « on comprend vite pourquoi avec le défilé de toutes ses femmes ». Avec son quatrième roman, La Fiancée américaine (Prix des collégiens 2013 et Prix des libraires 2013), Eric Dupont s’est fait plaisir. Il a puisé dans ses voyages, ses rencontres, les souvenirs des membres de sa famille qu’il fait parler en les filmant, « Je viens d’une famille de conteurs » et se nourrit de tous « ses détails insignifiants qui font vibrer le cœur ». Le surnaturel s’invite gentiment dans le monde réel, comme cette Madeleine qui se relève de son lit de mort quand elle entend que sa famille venue chez elle pour la veiller ne trouve pas le café dans sa cuisine… Le romancier a même pris des cours de chant choral pendant quatre ans pour écrire sur la musique.

Quand on lui dit qu’on sent chez lui un grand amour de la langue française, il répond : « Nous avons peut-être moins de barrières chez nous pour utiliser le réalisme magique dans notre écriture, mais Marcel Aymé le faisait déjà dans les Contes du chat perché… ».

Marie-Blanche Camps – 23 mars 2017

Crédit photo: MBC