La veille au soir, elle lisait Vernon Subutex de Virginie Despentes à l’Institut français (Music Rendez-Vous with singer Fishbach, combining literary and musical variations around Vernon Subutex by Virginie Despentes – MacLehose) ; entre les lignes, elle chantait ses propres textes. Aujourd’hui Flora (Fishbach sur scène) se dit très heureuse d’être à Londres et surtout d’y revenir lundi 25 juin pour un concert au Lexington à Islington.

Le public londonien a découvert une jeune femme intelligente et drôle, notamment dans son interprétation de La babouche: « C’est une vieille chanson du chanteur algérien Salim Halali. Les paroles sont simples, sensibles, le style est oriental. C’était du partage, de la nostalgie… Avec ma voix et ma guitare, c’est juste une émotion ». Fishbach chante en arabe, en anglais « pour se marrer ; en français, je fais un choix poli des mots, il n’y a pas de filtre. »

Elle a la voix de Desireless (on lui dit souvent), mais elle écoutait plutôt Jean-Pierre Mader et Daniel Balavoine quand elle était petite. Elle admire aussi Jean-Jacques Goldman.

Nominée aux Victoires de la musique en 2017, Fishbach a sorti son premier album A ta merci en janvier 2018. Un tiers des textes de l’album a été co-écrit avec Juliette Armanet, dont Un autre que moi. Sa rencontre avec Juliette Armanet a d’abord eu lieu via internet. « Elle m’a contactée et on s’est rencontré autour d’un café. Maintenant, elle est montée en puissance ! ». Cinq titres ont été enregistrés au Bataclan, dont Mortel : « Je n’ai rien vu d’aussi mortel que ces tirs au hasard… ».

« Mon premier EP est sorti le 6 novembre 2015… juste une semaine avant l’attentat perpétré au Bataclan ». Prémonition ou non, ses mots ont été repris et repris par tout le monde. « Pour moi, c’était important de retourner chanter au Bataclan. Les gens sont venus me dire merci pour cette chanson qui leur avait fait du bien. »

Auteur, compositeur et producteur, Fishbach a plus d’une corde à son arc. Elle s’attaque d’ailleurs à un autre projet. En plein tournage de l’adaptation télé du livre de Despentes, elle dit avoir eu peur quand on est venu la chercher. « Je ne suis pas actrice, mais j’apprends, je me nourris. J’ai une coach, je vois mon évolution. L’histoire est expressionniste, mon personnage a une première histoire d’amour homosexuelle, je suis la main droite du méchant… ».

Fishback plaît aux jeunes et aux moins jeunes « mon public est gay-friendly, bobo, les gens sont gentils. Pour moi, la scène est un partage. Je découvre mon public à chaque concert, je le regarde dans les yeux, je communique avec lui, j’aime faire des blagues, il y a des montées d’adrénaline ».


Propos recueillis par Marie-Blanche Camps