La cathédrale de verre de Kew abrite les espèces végétales rares des régions tempérées.

En inaugurant la grande serre, Sir David Attenborough a déclaré : « Le climat  change à tel point que certaines plantes ne peuvent plus survivre dans leur habitat d’origine. Ici, elles sont protégées pour les générations futures. »

Kew est le plus grand site de Londres classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Avec les jardins botaniques, et les serres de l’ère victorienne, le visiteur découvre les plus belles collections végétales du monde. Kew est aussi un pôle scientifique qui sauve les espèces en voie d’extinction. Chaque année, les jardins botaniques publient un rapport sur la situation de la flore mondiale, une analyse de référence par les grands spécialistes sur la diversité des plantes et les écosystèmes.

Après cinq ans de restauration sans relâche, et avec un budget de £41 millions, la Temperate House repart en mission. Les statues originales de Flore et Vénus rayonnent sur l’entrée de ce nouveau royaume botanique. Ce trésor de l’époque victorienne est passé au XXIe siècle en abritant 10 000 plantes exceptionnelles, issues des différents types de climats tempérés. Sur 191 mètres de long, la végétation de cinq continents et de 16 îles lointaines témoigne de la biodiversité de la planète. Certains spécimens datant des années 1880 ont pu y être replantés, d’autres y ont survécu pendant les travaux, et de nouveaux sujets sont venus enrichir les collections.

En 1860, Decimus Burton se lance dans la construction de la Temperate House. Après la Palm House, consacrée aux plantes tropicales, le projet d’une nouvelle serre vient compléter la vision victorienne : exposer avec fierté la richesse végétale de l’Empire.

Les plant hunters, inspirés par les célèbres Alexander von Humbolt ou Charles Darwin, font partie de cette aventure. Ces pionniers intrépides sillonnent les mers, consacrant leur vie à la recherche de plantes inconnues. L’Exposition universelle de 1851, sous l’immense Crystal Palace à Hyde Park, avait déjà annoncé cet engouement pour l’exotisme et la nouveauté scientifique.

Ainsi, Joseph Hooker, grand botaniste du XIXe siècle, initiateur de la « rhododendron mania », expédie les nouvelles espèces vers Kew, grâce aux ingénieuses mini serres portatives, les Wardian cases.  Après de longs voyages, les plantes trouvent refuge sous cette voûte de 15 000 panneaux de verre, chauffée en hiver. A défaut de pouvoir voyager, les Britanniques de l’époque se précipitent pour découvrir ces curiosités venant d’horizons lointains.

A présent, la Temperate House est équipée pour le XXIe siècle avec les systèmes les plus sophistiqués. Les plantes sont jeunes et pleines de promesse. Les visiteurs, tels des pèlerins, partent à la recherche de leur continent préféré, et s’inquiètent pour le plus célèbre des cycas, Encephalartos woodii, célibataire esseulé dans l’attente d’une compagne.

Les experts suggèrent que près d’un tiers des plantes vasculaires de la planète sont menacées d’extinction. Kew surveille la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), outil international de référence qui détermine le niveau des menaces pesant sur la diversité biologique spécifique. Grâce à la recherche génétique, et à sa banque de semences, Kew ramène à la vie des plantes disparues. La survie des espèces du passé est clairement la priorité d’aujourd’hui pour cette grande dame de fer.

A savoir : ouverture au public jusqu’à 20 heures le week-end

Hélène Guild

helene@hortecole.co.uk