Dans la petite bibliothèque d’un village au fin fond du Canada, Fiona (Fiona Gordon) reçoit un jour une lettre de sa tante Martha (Emmanuelle Riva) : partie à Paris pour faire une carrière de danseuse, elle n’est jamais revenue au pays. Aujourd’hui, elle a 93 ans et ne veut pas aller en maison de retraite. C’est un appel à l’aide. Fiona a toujours rêvé d’aller à Paris, elle quitte donc son univers enneigé, tout de vert vêtue, avec son gros sac à dos rouge, orné du drapeau canadien.

Mais Martha a disparu. Son appartement parisien est vide. Fiona ne parle pas bien le français. Elle tombe par hasard sur Dom (Dominique Abel), un clochard poétique au regard étonné de l’enfance qui ne la quitte plus. Pendant deux jours et deux nuits, la quête de Fiona et Dom les mène sur les quais de Seine, au cimetière du Père Lachaise, en haut de la Tour Eiffel. Le couple improbable est aussi le reflet de l’histoire d’amour qu’a eue Martha avec Norman (Pierre Richard), que l’on devine peu à peu.

Lost in Paris regorge de chorégraphies et de mimes : le tango endiablé de Fiona et Dom dans le grand restaurant est magique, la scène des pieds de Norman et de Martha qui dansent au Père Lachaise rappelle la poésie des films de Charlie Chaplin. Le couple de Fiona Gordon et Dominique Abel (à l’écran comme dans la vie) vient du monde du cirque : le langage des corps et l’expression des visages accentuent la poésie de ce film, dans lequel aucune tristesse ne transparaît, même au moment de la fin inévitable. Deux couples, quatre corps qui luttent avec grâce contre l’adversité… On retrouvera avec plaisir Emmanuelle Riva, qui joue ici son avant-dernier film et on aimera Paris, au cœur de cette comédie décalée, magnifiquement filmé.

Lost in Paris est un film plein de poésie, de rêves et de couleurs, loufoque et attachant, à aller voir en famille (à partir de 12 ans).

Dans les salles UK le 24 novembre

Au Ciné Lumière jusqu’au 7 décembre

MBC