Une conférence sur le thème de l’avenir du commerce extérieur dans le cadre du Brexit s’est tenue jeudi 26 janvier 2017 au siège du Parlement Européen au Royaume-Uni.

Sous la supervision de Joe Lynam, journaliste à la BBC, quatre intervenants ont abordé les complications issues des résultats du référendum du 23 juin dernier. Peter Holmes, professeur à l’Université de Sussex, spécialiste des accords d’échange et libre échange et de l’intégration économique européenne, a rappelé que la négociation d’accords bilatéraux prend en moyenne dix ans voire plus, bien plus que les deux ans de sortie de l’Union.

Le Dr Holmes a ensuite énuméré l’ensemble des modèles d’échanges qui existent aujourd’hui, du modèle norvégien au suisse, du CETA à l’Alena, et des obligations face à l’OMC. L’article 50 du Traité européen n’ayant jamais été activé, nombreuses sont les incertitudes quant au déroulement des étapes, les conséquences en termes de tarifs et mouvement des personnes et des biens. Parmi les grands acteurs de l’économie britannique, l’aéronautique s’avoue peu concernée par la sortie de l’Union Européenne, car les accords tarifaires préférentiels dont elle bénéficie ont été négociés hors UE, comme le rappelait son représentant Jeegard Kakkad (ADS Group). Toutefois, l’inquiétude est vive quant à la liberté de mouvement des salariés de l’industrie qui ont besoin de pouvoir se déplacer d’un pays à l’autre très rapidement pour assurer expertise et maintenance sur des composants fabriqués aux quatre coins de l’Europe. La mise en place de visas serait un frein absolu à l’essor du secteur.

Miles Celic, CEO de CityUK, prédit quant à lui la contraction des activités bancaires à Londres sous l’effet d’un éclatement des services financiers entre d’une part les grands centres que sont New York, Hong Kong et Singapour, de plus petites unités dans les grandes villes européennes telles que Paris ou Francfort, et la disparition pure et simple d’un volume important de postes.

David Martin, ministre au Parlement Européen, souligne que les solutions envisagées aujourd’hui par le Premier Ministre ne peuvent avoir qu’un impact des plus négatifs sur l’économie britannique. Au-delà des deux années à venir, il lui apparaît crucial de minimiser toute forme d’incertitude étant vecteur idéal de récession. Le Dr Holmes de conclure qu’en effet, si la Banque d’Angleterre a su maintenir en partie la consommation des ménages par quelques artifices, l’investissement montre déjà de sérieux signes de faiblesse.

CF (texte et photo)

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