“Mother died today. Or maybe yesterday; I can’t be sure”

Porter le roman d’Albert Camus à la scène, en anglais, n’a pas effrayé l’écrivain et poète Ben Okri… Au contraire, son adaptation, ainsi que la mise en scène d’Abbey Wright, donnent à L’étranger, publié en France en 1942une vision prémonitoire de la guerre d’Algérie, qui commencera 16 ans plus tard. Le long monologue de Mersault (incarné avec brio par Sam Frenchum) plonge le public dès les premières minutes dans l’univers disparu de l’Algérie qui était jadis française. La tension monte, inexorablement, sous le soleil d’Alger, entre les deux communautés, à devenir insoutenable jusqu’au point culminant du meurtre d’un Arabe par le Français Mersault. Comme si cela devait arriver, comme s’il fallait en finir… D’un roman existentialiste, dans lequel Camus parlait de l’absurdité de la vie, Ben Okri en fait une pièce de théâtre où le personnage central, poussé par des évènements extérieurs, est aspiré vers une rupture inéluctable.

Ben Okri va également au-delà du texte de Camus en proposant au public un court-métrage de six minutes (à voir pendant l’entracte ou avant la pièce), dans lequel il donne la parole à l’Arabe tué par Mersault, pour qu’il raconte enfin sa version des faits, sa vision de la vie, en réponse au silence absolu des Arabes dans le texte de Camus.

The Print Room

The Coronet, 103 Notting Hill Gate, W11

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Jusqu’au 20 octobre 2018

Pour les plus de 12 ans

Marie-Blanche Camps