I Hubert Rault I 6 Juin 2019 I

 

 

Londres. En ce matin du 6 juin 1944 , la nouvelle circule dans la ville comme une trainée de poudre.

Les Forces Alliées ont débarqué il y a quelques heures en France. La ville, qui porte encore les stigmates des bombardements du Blitz ou des bombes volantes V1 (les V2 tomberont sur Londres pour la première fois en septembre 1944), les stations de métro transformées en abris anti aériens accueillent la nouvelle avec l’espérance qu’on imagine. Pour les Français Libres, l’émotion est encore plus forte. Après quatre ans loin de chez eux. L’occasion de découvrir le rôle joué par la France Libre dans cet événement historique.

À minuit trente ce 06 juin, des parachutistes français atterrissent en Bretagne.

Le caporal Émile Bouétard est l’un d’entre eux et sera le premier tué du débarquement, il avait 28 ans et avait rejoint l’Angleterre en Janvier 1943.

Leur mission est de fixer les troupes allemandes en Bretagne pour protéger le flanc ouest du débarquement. Le Colonel Passy, chef des services secrets de la France Libre, qui n’a pas 35 ans, prendra la tête de ce maquis St Marcel qui comptera jusqu’à 20 000 hommes.

À l’aube, 177 commandos français débarquent à Ouistreham, extrêmement aguerris, ils ont tous passé avec succès le redoutable stage commando d’Achnacarry en Ecosse. Ils ont une mission essentielle : établir une tête de pont à l’est du dispositif et repousser toute contre-attaque allemande. Passé l’effet de surprise, ces Français Libres, seront face à un ennemi déterminé à repousser les troupes alliées à la mer. Après deux mois de combat, seuls 22 soldats sur 177 seront ni blessés ni tués, attestant de la violence des combats.

Près de 3 000 français, portant la croix de Lorraine, participent à l’opération, notamment beaucoup de marins. 

Dans les semaines qui suivent le débarquement les volontaires féminines arrivent en Normandie pour servir en tant qu’officiers de liaison entre les troupes anglo-saxonnes et la population (elles parlent toutes anglais), mais aussi comme infirmières ou conductrices. Ces femmes engagées dans la France Libre vont organiser les secours pour les populations déplacées à cause des combats et s’occuper de ces normands qui ont, pour certains, tout perdu dans les bombardements ou les combats. 

À la BBC, les Français Libres relaient, depuis plusieurs jours, plusieurs centaines de « messages personnels », chacun d’entre eux indiquant aux résistants en France une action concrète à réaliser (sabotage ou destruction). Ces actions ont été planifiées depuis des mois par les services secrets français et anglais pour paralyser les Allemands sur leurs arrières.

Plusieurs plans ont été conçus : plan violet pour paralyser les lignes téléphoniques, le plan vert pour saboter voies de chemin de fer, le plan tortue pour le trafic routier, le plan bleu pour les lignes à hautes tensions et les zones côtières. Ces actions seront déterminantes dans les 48 heures du débarquement et Londres a le rôle de chef d’orchestre de cette Résistance. De nombreux saboteurs ont d’ailleurs été formés en Angleterre dans les Training Schools des Special Operations Executives avant d’être parachutés en France. 

En fin de journée, près de 4 ans après l’Appel du 18 juin, Charles de Gaulle reprend le chemin de la BBC. Il aura parlé 67 fois à la radio de Londres pendant ces quatre années. Ce jour-là, il annonce « voici venu le choc décisif, le choc tant espéré » pour appeler les français à faire « de la bataille de France la Bataille de la France »,  « la France submergée depuis 4 ans, mais non point réduite ni vaincue, la France est debout pour y prendre part ». 

 

 

Hubert organise des tours guidés sur les pas de la France Libre 

www.degaulleinlondon.com