| Cécile Faure | Janvier 2021 |

 

Il y a deux ans déjà, nous vous présentions les pleins et déliés d’une fée affairée à se débarrasser de nigaudes effarouchées, de princesses en détresse attendant le baiser d’un bellâtre en collants. (Article de L’ECHO Magazine Décembre 2018 : Delphine Lebourgeois, la fée qui dégommait Blanche Neige et Cendrillon)

 

A Bright New World

 

De l’encre et de l’aquarelle de Delphine Lebourgeois naissent des femmes qui s’opposent aux stéréotypes de genre, s’émancipent du joug que la société pourrait vouloir leur faire porter, se dressent contre ces forêts de ronces obstruant les chemins qu’elles se choisissent. Des femmes qui portent et nourrissent en elles l’enfant qu’elles n’ont jamais cessé d’être, qui se battent contre elles-mêmes et repoussent leurs propres limites.

 

On retrouve ces belles amazones lors d’expositions annuelles orchestrées par l’une des trois galeries qui représentent l’artiste, ainsi que sur le site web et les réseaux sociaux de cette dernière. Et force est de constater, qu’à peine posées sur le papier de riz, elles trouvent acquéreur ici et aussi loin qu’à l’autre bout du monde, du Japon aux États-Unis.

 

Mais voilà qu’en mars dernier, le monde, saisi de stupeur face à l’inconnu meurtrier, s’est arrêté. Les portes se sont fermées, les êtres se sont recroquevillés sur eux-mêmes, l’isolement et l’incertitude se sont imposés à tous. Le temps s’est étiré au point de se cristalliser, de voir le grain de sable refuser de basculer au cœur du sablier. L’univers s’est scindé entre ceux qui tenaient la main des mourants et cherchaient à protéger les vivants, et ceux qui se sont interrogés sur le gouffre creusé par l’humanité elle-même et, si elle n’y basculait pas, l’après à panser et repenser.

 

Delphine Lebourgeois a vécu le confinement ici à Londres, seule. De ces mois loin de l’autre est née une série de treize dessins, intitulée « A Bright New World ». Ce travail, qu’elle décrit elle-même comme certainement le plus intime qu’elle ait jamais offert, est un éventail poignant des émotions qui ont habité l’artiste les mois passés. S’y mêlent le traumatisme ouaté d’un enfermement, la recherche d’un sanctuaire face à l’adversité, la capacité à trouver des échappatoires, la communion comme mécanisme de résilience, l’appréhension de nouvelles façons de faire, le rapprochement avec une nature malmenée et désormais son évidente protection.

 

Nos guerrières, juchées sur le dos de dinosaures et dragons, au volant de tracteurs et véhicules improbables, masquées de fleurs, respirent la liberté et regardent les étoiles pour retrouver le chemin de la paix.

 

Cette très belle série de dessins originaux est accessible sur le compte Instagram de l’artiste et auprès de la galerie Hang Up qui détient l’exclusivité pour certains dessins. Si quelques œuvres sont déjà réservées ou parties rejoindre les murs de collectionneurs, Delphine Lebourgeois nous a confié qu’elle travaille sur de nouvelles œuvres uniques qui seront disponibles pour les fêtes de fin d’année, juste à temps pour célébrer un monde meilleur, porteur d’espoir pour 2021 et les années à venir.

 

Cécile FaureCécile Faure

 

 

 

 

 

 

Delphine Lebourgeois : la fée qui dégommait Blanche Neige et Cendrillon