| Agnès Anquetin Dias I May 2019 |

 

500 years of French music and poetry était au programme le 20 mai dernier à l’Institut Français. Les Fauristes, sous la direction de Blandine Raulin et de Maud Maestracci, ont chanté a capella des compositions tant de la Renaissance que du XIXème et XXème siècles telles celles de Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré ou Francis Poulenc…

 

Blandine Raulin et Maud Maestracci

Un délicieux frisson nostalgique a parcouru l’assemblée des Français à l’écoute notamment de la belle chanson polyphonique, Mignonne allons voir si la Rose. Qui ne connait, en effet, la première ligne du poème où Ronsard âgé de 20 ans invite sa Cassandre à cueillir le jour !

L’Ode à Cassandre a dés le XVIème siècle inspiré de nombreux musiciens dont Guillaume Costeley, le compositeur de la belle chanson dont les Fauristes nous ont délectés.

 

Une autre chanson avait, pour nous, une saveur mélancolique à souhait:

 

Dieu qu’il la fait bon regarder. Claude Debussy a ici mis en musique un poème de Charles, duc d’Orléans. Celui-ci fait prisonnier par les Anglais à la bataille d’Azincourt est resté captif de la perfide Albion pendant 25 ans ! Ainsi le poème ne parle-t-il pas à proprement parler d’une dame, mais de la France aperçue depuis les falaises de son exil.

 

 

Ecoutez :

 

Dieu qu’il la fait bon regarder

La gracieuse, bonne et belle !

Pour les grans biens qui sont en elle,

Chascun est prest de la louer.

Qui se pourroit d’elle lasser?

Tousjours sa beauté renouvelle

.

Dieu qu’il la fait bon regarder,

La gracieuse, bonne et belle !

Par deça ne dela la mer,

Ne sçay dame, ne damoiselle

Qui soit en tous biens parfais telle;

C’est un songe que d’y penser.

Dieu, qu’il la fait bon regarder!

 

Agnès Anquetin-Dias