| Marie-Blanche Camps | Mars 2019 |

Le spectacle Brassens Avocat fait escale à Londres le vendredi 15 mars à 19h30 à St Stephen’s Church, SW7.

Avec les guitaristes Bruno Guglielmi et Arthur Le Forestier, Didier Leick, avocat à la ville, nous fait entrer dans l’univers de Brassens par une porte particulière…

 

Jusqu’à sa mort en 1981, Georges Brassens a composé plus de deux cents « chansons poétiques ». Quelle a été votre première rencontre avec l’auteur ?

Comme beaucoup, par les 33 tours vinyles des parents. Puis avec l’émission le Grand Echiquier de Jacques Chancel. Aussi, les retransmissions de ses concerts sur Europe 1. J’ai un souvenir inoubliable qui remonte au début des années 70. Il passait à Bobino. Je l’écoutais sur un petit poste de radio. C’est aussi ce soir-là que j’ai découvert Maxime Le Forestier qui passait en première partie.

Vous êtes avocat au barreau de Paris. Comment passe t-on du droit pénal à la poésie ?

Facilement ! Dans le sens inverse, tout autant. Les deux domaines ne sont pas étrangers l’un à l’autre, et réciproquement. Brassens en apporte d’ailleurs une preuve éclatante par le petit bijou que constitue la chanson Stance à un cambrioleur.

Comment vous est venue l’idée d’un spectacle mêlant poésie, musique et plaidoirie ?

Au cours d’un dîner entre avocats, où je m’ennuyais à mourir ! Ma voisine de table m’a sauvé la soirée en me racontant l’évènement sur Flaubert qu’elle venait de faire dans le cadre de l’association Le Palais Littéraire et Musical. Le lendemain, j’ai décidé d’en faire un sur Brassens. Le week-end suivant, Maxime (NDR : Le Forestier) me mettait toute l’œuvre à disposition, y compris les textes sans musique et les inédits. Et puis, je me suis mis au travail. Après avoir bien avancé, j’ai demandé à Arthur (NDR : Le Forestier) et Bruno (NDR : GUGLIELMI) de m’accompagner dans ce qui est devenu une aventure. Je me souviendrai longtemps, toujours sans doute, de leurs belles réponses positives et confiantes. J’ai envers eux une dette inextinguible.

Vous reconnaissez-vous en Brassens dans l’amour des mots ?

Quiconque aime les mots ne peut que se sentir infiniment petit à côté de Brassens. Disons que c’est un compagnonnage assez stimulant… Et pour un avocat, ses chansons sont bien plus précieuses que le meilleur traité sur l’insolence. Quant à l’art de l’ellipse, écoutez Mélanie et vous m’en direz des nouvelles…

Avez-vous une chanson préférée ?

Je ne sais pas répondre à cette question. Et je crois qu’il ne faut pas y répondre. Choisir, c’est exclure. Or exclure du Brassens, c’est pénalement répréhensible ! A l’instant, je vous dirais Les châteaux de sable. Dans deux minutes, Le vieux Léon. Et demain Le bistrot. C’est sans fin. Tout est bon chez lui, y’a rien à jeter…

Dans votre spectacle, vous liez les chansons de Brassens aux évènements du quotidien. Comment vit Brassens Avocat ?

Il vit ! Ce qui, en soi, est un miracle. Ce devait être un one-shot. La représentation à Londres sera la douzième. Après Marseille, Bruxelles, le théâtre du Gymnase, etc… C’est drôle et émouvant, profond et joyeux, plein de tendresse et d’acidité.
Pour moi, le « déclic » aura été à Nanterre. Il y avait dans la salle un spectateur un peu particulier : Jacques Weber. Son rire tonitruant pendant le spectacle et ses mots après m’ont fait prendre conscience que de venir nous écouter pouvait constituer l’assurance de passer une soirée très convenable…

Brassens est venu une seule fois en Grande-Bretagne en 1973, invité par son ami le chanteur Jake THackray, à Cardiff pour l’ouverture du Sherman Theatre. Est-ce votre spectacle est un hommage que vous lui rendez dans le pays de Shakespeare ?

Vous me l’apprenez. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il lui arrivait de s’interroger sur la marque qu’il laisserait dans la durée au niveau de la chanson française. Il n’a évidemment pas besoin d’Arthur, Bruno et moi pour connaître la réponse tant elle est évidente. Mais nous sommes heureux d’y contribuer un peu.

Propos recueillis par Marie-Blanche Camps

 

Brassens Avocat
Vendredi 15 mars 2019, 19h30
St Stephen’s Church, Gloucester Road, SW7 4RL
£10-15

https://www.eventbrite.co.uk/e/brassens-avocat-spectacle-musical-et-litteraire-tickets-56120328413

Arts et Culture