| Maya Goldman, élève du Lycée Winston Churchill, nominée dans la catégorie lycée du Concours du Jeune Journaliste 2020 | Mai 2020 |

 

Capsules d’eau biodégradables

 

En mai 2019, le Parlement britannique déclarait l’ « urgence climatique » et s’engageait à réduire les émissions de CO2 de 80% d’ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Londres, 19ème ville la plus polluée au monde devant New York, est particulièrement concernée.

 

Dans la capitale, le marathon de Londres a un rôle à jouer : la course de 42,195 km, qui parcourt chaque année depuis 1981 les rues de Londres, fait partie du World Marathon Majors, une compétition prestigieuse regroupant les six plus gros marathons du monde (New York, Chicago, Boston, Berlin, Tokyo et Londres). En 2018, lors de cet événement, les 40 000 coureurs ont utilisé 920 000 bouteilles en plastique. Les organisateurs décident alors d‘agir : lors de l’édition 2019, ils invitent les coureurs  à participer à une collecte de déchets en fin d’épreuve et remplacent les bouteilles de certains ravitaillements par des capsules biodégradables.

 

Composées d’algues et de plantes, chacune d’elles contient 4 cl d’eau ; les coureurs peuvent décider de les avaler intégralement, membrane comprise, ou de les percer afin de ne boire que l’eau contenue dans celles ci. La membrane se désintégrant dans la nature au bout de 4 à 6 semaines, contre 100 à 1000 ans pour une bouteille d’eau. Cette capsule  appelée « Ooho », récompensée aux « Lexus Design Award » en 2014, est le fruit de plusieurs années de travail de la part de la start-up londonienne « Skippings Rocks Lab » fondée par 3 étudiants dont 2 français. Avec leur membrane à base d’une algue appelée Noptla, la startup espère remplacer le maximum d’emballages tels que les sachets plastiques, le film alimentaire ou encore les filets de fruits et légumes.

 

On pourrait être surpris de la cible choisie : des coureurs en plein effort lors d’une performance sportive sont-ils prêts à tester un nouveau mode d’hydratation ? Nathalie L’habituée des semi-marathons, nous rassure : « ça me parait une bonne idée de tester ces produits sur une population sportive, souvent sensible aux questions d’environnement. De mon côté, je crois que j’aurais aimé les tester avant la course, et je ne suis pas sûre d’avaler l’algue de la membrane la première fois.

 

Selon Fern Toynton, leur associée commerciale, l’entreprise a « reçu un très bon retour (de la part du marathon), ce qui est extrêmement excitant pour nous, vu que nous sommes encore une petite entreprise ».

 

En effet, le bilan de cette expérience est plutôt encourageant : le nombre total de bouteilles en plastique jetées sur le parcours est passé de 920 000 en 2018 à 704 000 en 2019, soit une perte de plus de 20% de déchets plastiques. Le marathon 2020, initialement prévu le 26 avril, esperait devenir le leader mondial des grands événements respectueux de l’environnement. Il faudra attendre la fin de l’épidémie COVID-19 et son report pour connaître le fin mot de l’histoire.

 

L’initiative du marathon a aussi inspiré d’autres courses dans le monde entier, notamment le semi-marathon du Marseille-Cassis en France. Mélanie Uzan, attachée de presse de la SCO et organisatrice de la course raconte avoir été « sensible à l’initiative menée par la marathon de Londres en 2019 », et avoir pris contact avec la startup britannique ayant développé le concept. « Nous souhaitions collaborer avec eux dès 2020 et introduire le produit sur Marseille-Cassis pour tendre vers une solution en partie alternative aux bouteilles et réduire ainsi les volumes plastiques. Malheureusement, la société, suite au succès du marathon de Londres, ne semble en capacité de pouvoir répondre pour le moment aux nombreuses sollicitations et à réaliser la production correspondante. […] Nous espérons pour autant qu’à la suite de cette prise de contact nous pourrons collaborer avec en 2021 et nous poursuivons, pour l’heure, nos réflexions afin de trouver des solutions alternatives permettant ainsi de réduire les déchets plastique autour de l’évènement. ». L’entreprise Skipping Rocks Lab, elle, prévoit cette année « d’étendre ses produits aux États Unis et de fournir des capsules Ooho dans des courses partout en Europe. »

 

Il semblerait qu’avant l’édition 2020, les petits gestes des organisateurs du marathon de Londres aient porté leurs fruits au delà des frontières du Royaume-Uni.

 

Maya Goldman
15ans, Seconde
Lycée International de Londres Winston Churchill