| Octobre 2020 |

 

CHANGE ! Six lettres qui sonnent l’entrée dans cette nouvelle ère dont le lancement officiel fut la rentrée littéraire ;
CHANGE ! Entre nécessité et injonction, pour écouter nos nouvelles envies ou prendre des résolutions, prenons le temps de lire ce que les écrivains ont à nous révéler cette année…

 

Change ! Les conseils littéraires de la librairie La Page

L’équipe de la librairie La Page

 

Emmanuel Carrère

CHANGE ! Sur les tables de la librairie La Page, c’est aussi ce mot que vous lirez en filigrane à travers les romans de la rentrée et ceux de ces derniers mois d’hibernation : Emmanuel Carrère illumine la rentrée avec son quinzième livre au titre mystérieux, Yoga (Editions P.O.L, septembre 2020), comme un aboutissement de son œuvre – à 62 ans il vient de mettre des mots sur le plus grand mal de sa vie : le trouble maniaco-dépressif, qui lui a permis cette fulgurance littéraire mais aussi de longs errements mélancoliques. Yoga nous entraine avec une énergie – toute ayurvédique – et une autodérision propre à la plume de son auteur, sur le chemin d’une vie exagérément angoissée et tout à la fois excessivement créative, chemin repris chaque jour avec tantôt une immense confiance tantôt une profonde souffrance, à l’image du poème à découvrir ou à relire de Louise Labé, « Je vis, je meurs ».

 

Amélie Nothomb

ANGE ! C’est le prénom de l’héroïne du roman de Septembre 2020 d’Amélie Nothomb, (Edition Albin Michel, Aout 2020) Les Aérostats, une auteure amoureusement suivie à Londres et dont le nombre d’afficionados a augmenté depuis la chaleureuse rencontre avec elle ici en 2017. Ange  –  étudiante en philologie – rencontre Pie par un jeu de petite annonce et ensemble, ces deux adolescents vont s’offrir un apprentissage de la vie mutuel, par le biais de la littérature. La lecture ? L’une l’adore, l’autre, dyslexique, la déteste. On ne sait plus au final qui est le maître et qui est l’élève, tant le jeu de chacun des personnages passe par des couleurs différentes.

 

Camille Laurens

ON NE CHANGE PAS…de sexe, chez Camille Laurens : Fille (Edition Gallimard), le nouveau roman de cette écrivaine-journaliste qui ne cesse de nous séduire depuis Dans ces bras-là (Gallimard, 2013), interroge l’auteur et ses lecteurs sur l’état des femmes, la condition des filles, et sur la vision du féminin, sa place dans les yeux de la société. Camille Laurens, qui reconnait que le mouvement MeToo l’a incité à reprendre la plume pour s’attaquer à un roman « féministe », ouvre aussi une réflexion sur l’amour filial, et sur l’amour tout court, sujet qu’elle aborde si bien dans tous ses textes. À travers un témoignage de son histoire intimement personnel, Camille Laurens nous parle à l’oreille d’un sujet universel.

 

Muriel Barbery

La rentrée littéraire de septembre 2020 annonce aussi tout en discrétion le retour de Muriel Barbery et son entrée chez Actes Sud avec Une rose seule : nous la suivons à Kyoto, ville qu’elle a habité pendant deux ans après le succès de L’élégance du hérisson (Edition Gallimard, 2007), et ou Rose, son personnage principal, va sortir de sa chrysalide et se transformer à travers une histoire d’amour aussi délicate qu’une fleur de cerisier.

 

Maud Simonnot

Le changement, c’est aussi le credo de Maud Simonnot qui a écrit L’enfant céleste (Editions de l’Observatoire), roman dans lequel une mère, Mary, décide juste après une rupture amoureuse d’emmener son fils – surdoué, qui ne trouve pas sa place à l’école – faire un voyage initiatique dans une ile légendaire de la mer Baltique. Bien sûr ce voyage sur les traces d’un astronome de la Renaissance les emmènera bien plus loin que la destination finale : mère et fils sauront au gré des paysages sur lesquels seuls le soleil et la lune jouent un rôle, comment réparer leur blessure et affronter la réalité du monde.

 

Lawrence Durell

Et c’est donc à point nommé que nous glissons dans cet article la citation de Lawrence Durell, tirée de son récit Citrons acides (Libretto 2012), excellente description de ses années passées à Chypre ou l’humour se mêle à la chaleur du soleil sur les galets des plages : « Comme le génie, les voyages sont un don des dieux. Mille circonstances diverses les préparent en secret, et quoi que l’on en pense, il est rare qu’ils soient entièrement le fait de notre volonté. »

 

Timothée de Fombelle

Enfin, le voyage que nous vous invitons à garder en mémoire pour ne jamais l’oublier est celui d’Alma, jeune Africaine de 14 ans, héroïne du dernier livre de Timothée de Fombelle, Alma : le vent se lève (Editions Gallimard Jeunesse, Avril 2020) : nous la suivons en 1786 dans son départ à la recherche de son petit frère, attiré par l’inconnu des montagnes. Mais derrière les montagnes, dans l’équation monstrueuse du commerce triangulaire, saura-t-elle dénouer les fils de son destin ?

 

À La Page, nous vous souhaitons une rentrée de changement, si cela vous correspond. Et dans les deux cas, nous vous invitons à suivre notre mantra de la rentrée, floqué sur nos tote bags 2020 : Debout dans la tempête !

 

Isabelle, Emma, Anish, Stephen, Aurore, Chloé, William, ainsi que tous ceux qui nous ont aidé pendant ces derniers mois fragiles, Claire, Léa, Harry, Ruth et Anne-Laure.
Librairie La Page
7 Harrington Road, SW7 3ES
https://www.librairielapage.com/

 

 

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