| Violaine-Patricia Galbert | Juin 2021 |

 

La question de la violence conjugale s’est posée de manière accrue pendant le confinement.
En effet, celui-ci pousse à l’isolement, terreau favorable au contrôle, à la possession et à la mise sous emprise d’un des conjoints par l’autre.

Si la violence conjugale est plus facilement reconnue quand elle s’exerce physiquement en raison des traces de coups, la violence verbale se remarque aussi, mais que dire de la violence sexuelle, la violence économique ou encore de la violence psychologique qui s’exercent dans le secret du huis-clos du couple. Bien qu’il y ait un agresseur et une victime, la violence conjugale se joue à deux et la victime y tient un rôle même si elle ne s’en rend pas compte. La violence conjugale n’apparaît pas dans les premiers temps de la relation. Celle-ci, qui le plus souvent, voit une femme en être victime, s’installe petit-à-petit à chaque fois que la conjointe ne réagit pas pour faire arrêter cette violence. Il s’agit d’un continuum dans le temps où de micros abus se succèdent pour faire place à une violence de plus en plus forte et de plus en plus grave.

 

violences conjugales

 

Au cours de sa vie 1 femme sur 4 au Royaume-Uni sera victime de violence conjugale.
Voyons comment le cycle de la violence conjugale s’installe.

 

Une femme vulnérable

L’auteur de violences conjugales se présente dans sa phase de séduction comme un homme idéal prêt à protéger et à prendre soin de sa nouvelle compagne. Il s’agit souvent d’une femme qui n’a pas confiance en elle, qui a beaucoup souffert et qui n’a pas une bonne estime d’elle-même. Elle a vécu des moments difficiles et cet homme est un véritable sauveur. C’est par exemple une femme qui élève seule ses enfants, qui a des difficultés financières et qui rencontre un homme brillant ayant bien réussi dans sa carrière et qui devient le pourvoyeur financier, le roc affectif sur lequel toute la famille va s’accrocher.

 

Une femme ayant un seuil de tolérance aux abus supérieur à la normale

Petit-à-petit, le piège se referme sur la future victime. Parce que cette femme veut continuer à voir ses amis, son compagnon se met à bouder, se plaint d’être délaissé. Il ne va pas lui demander de ne pas sortir mais va lui faire payer son absence. Pour éviter cette situation désagréable, elle va peu à peu restreindre ses sorties pour rester avec lui.

La conjointe va bien voir cela comme une marque de jalousie, d’exclusivité, de possession mais va l’interpréter différemment. Au lieu d’y voir un abus, elle va penser qu’il s’agit là d’une marque d’amour, qu’il tient vraiment à elle, qu’il est terriblement amoureux et qu’elle a bien de la chance.

Maintenant elle est prête pour la première violence.

 

Une femme présentant une absence de réaction à la première violence

Leur bébé pleure et elle n’arrive pas à le consoler. Tout à coup, excédé par les pleurs, son conjoint se met à hurler et la traiter d’incapable, de mauvaise mère, de bonne à rien, de salope, de pute. Elle ne dit rien et laisse faire. Elle se dit que c’est la première fois que cela arrive et comme il s’excuse ensuite et lui dit qu’il a « pété un plomb », elle le croit, n’écoute pas sa douleur et passe à autre chose. Malheureusement les violences se succèdent : le voilà en train de lui tordre le bras pour savoir pourquoi et pour qui elle a dépensé tant d’argent au supermarché. Du coup, il lui retire sa carte bleue et désormais, c’est lui qui achètera tout.

 

Une femme qui tente d’anticiper, de s’adapter pour plaire à son conjoint et éviter sa colère et sa violence

Maintenant cette femme marche sur des œufs. Elle a tout le temps peur de déclencher des accès de violence de la part de son conjoint. Elle est conditionnée et évite de faire tout ce qui pourrait déplaire. Elle ne vit plus pour elle-même, ni pour ses enfants. La seule chose qui compte c’est de faire que son homme soit satisfait. Elle fait l’amour même si elle n’en a pas envie pour éviter une rouste ou protéger ses enfants. S’il est satisfait sexuellement, il ne s’en prendra pas aux enfants, croit-elle. C’est une fuite en avant où elle se perd.

 

Une femme qui dénie la violence dont elle est victime

Pour pouvoir supporter cette violence, la conjointe finit par adopter le point de vue de son agresseur en se disant qu’au fond tout cela est de sa faute. Si elle avait obéi, il n’aurait pas eu à la punir. Si elle n’était pas rentrée avec cinq minutes de retard, il n’aurait pas mis la pression pour savoir si elle était avec un amant.

 

Une femme qui croit son conjoint agresseur lorsqu’il reconnaît ses torts et promet de changer

Lorsque la conjointe commence à se rendre compte que la violence va trop loin, que ses enfants commencent à souffrir ou encore que le voisinage ou la famille s’inquiète de ces coups qui laissent trop de traces visibles, l’agresseur change de stratégie. Celui-ci s’excuse, pleure, supplie sa conjointe de ne pas l’abandonner et promet que tout cela c’est fini et que plus jamais cela n’arrivera. C’est pour lui l’heure des bonnes résolutions. Son conjoint redevient cet homme merveilleux, cet amoureux prévenant, qu’elle a jadis connu. Il couvre sa conjointe d’attentions et de cadeaux. Il n’y a plus de violence et c’est une nouvelle lune de miel qui commence. La conjointe le croit, reprend espoir et revit un conte de fée avec son partenaire. Tout est prêt pour un nouveau cycle de violence.

 

Face à la violence conjugale, il n’y a qu’une solution : la fuite

Au premier abus, à la première violence mettez un terme à la relation.

Si vous souhaitez donner une deuxième chance à votre conjoint, fixez bien les règles en indiquant que vous le quitterez à la première nouvelle violence. Tenez parole et partez aussitôt la violence exercée.

Vous opposer vous met en danger, car le conjoint agresseur va redoubler de violence pour vous punir et vous soumettre. S’adapter vous met également en danger car les violences devenant de plus en plus importantes, vous allez finir par être tuée juste pour un steak mal cuit.

En France, on estime qu’une femme meurt tous les 2/3 jours à cause des violences conjugales.

Si vous vous reconnaissez dans les situations évoquées, ne restez pas seule avec votre secret, demandez de l’aide à des personnes spécialement formées pour sortir du cycle infernal de la violence conjugale.

 

La violence conjugale est punie par la loi au Royaume-Uni et en France.

 

Violaine-Patricia GalbertViolaine-Patricia Galbert
Conseillère Conjugale et Familiale
www.galbert-counselling.com

 

 

 

Au Royaume-Uni : 
  • National Domestic Abuse Helpline
    0808 2000 247
    www.nationalhelpline.org.uk
  • Police 999
  • “Ask for Angela” Violences sexuelles
    Dans les pubs pour trouver de l’aide, utilisez les posters installés dans les toilettes pour femmes, et dites “Ask for Angela”, nom de code à donner au personnel pour obtenir de l’aide si vous ne pouvez pas parler librement
  • womensaid.org.uk
En France :

 

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