| Stephanie Achar | Mai 2019 |

 

 

Notre corps contient plus de bactéries que de cellules et leur équilibre contribue à notre santé, notre digestion, notre transit et au bon fonctionnement de notre système immunitaire et de notre cerveau.

Pourtant, tous ces micro-organismes ne sont pas tous bons pour notre santé. Certains peuvent être pathogènes tandis que d’autres participent à la protection de cet environnement fragile.

 

Qu’est-ce que le microbiote?

 Notre microbiote est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, champignons, levures, virus, etc.) vivant dans un écosystème donné, comme les intestins du corps humain. Nous appelons parfois aussi ces communautés « flore ». Le microbiote le plus grand est celui de l’intestin et il pèse près de 2 kg.

La colonisation microbienne commence dès notre naissance. Le microbiote est majoritairement transmis lors du contact du nouveau-né avec le microbiote maternel au moment de la naissance par voie basse et de l’allaitement au sein. Cet équilibre microbien continue de se transformer lorsque l’enfant entre en contact avec le monde extérieur et tout au long de notre vie.

Cette empreinte microbienne unique à chaque individu évolue en fonction notre environnement et également notre mode de vie.

 

À quoi sert ce microbiote?

Nous savions que la flore intestinale joue un rôle clé dans le transit et la digestion, qu’elle participe au bon fonctionnement de notre système immunitaire. Nous découvrons à présent à quel point l’équilibre bactérien de l’intestin affecte tout le corps, y compris le cerveau. Les bonnes bactéries présentes dans l’intestin sont responsables de :

  • la digestion des aliments et la fabrication de certaines vitamines
  • la régulation de nos hormones
  • l’équilibre de l’humeur et de l’anxiété
  • la protection contre les micro-organismes et les substances pathogènes
  • la protection contre certaines formes de cancer etc.

Une grande diversité de microorganismes dans le microbiote intestinal est liée à une bonne santé. En revanche, la diminution de cette diversité microbienne est associée à une augmentation des maladies telles que :

  • les allergies
  • l’asthme
  • le diabète
  • le surpoids
  • le syndrome de l’intestin irritable et la plupart des maladies gastro-intestinales, etc.

Certaines pathologies neurologiques semblent reliées à un déséquilibre de cet écosystème fragile.

Le régime et mode de vie occidental semblent être à la source de cet appauvrissement de notre flore microbienne. Le stress, les mauvaises habitudes alimentaires, les antibiotiques et de nombreux autres médicaments comme les anti-inflammatoires, antipsychotiques, anti-acidité gastrique etc. sont responsables des modifications de la composition du microbiote. Autrement dit prudence sur nos médicaments, notre alimentation et notre mode de vie.

 

Les bienfaits d’une alimentation riche en probiotiques

Consommer de “bonnes bactéries”, autrement dit, des probiotiques a de nombreux bénéfices. Ces bactéries et levures bénéfiques rivalisent avec les “mauvaises” bactéries pathogènes de l’intestin et du tube digestif et contribuent à créer un équilibre sain.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent un effet bénéfique sur la santé de l’hôte.

Les recherches montrent l’efficacité des suppléments probiotiques pour soulager certaines conditions telles que les diarrhées infectieuses et du voyageur, les infections, le syndrome de l’intestin irritable, la constipation et les troubles digestifs pour n’en citer que quelques-unes.

Lorsque l’on fait le choix d’un supplément de probiotiques il est préférable de demander conseil à un spécialiste, d’autant plus que la prise de probiotiques peut provoquer des gaz intestinaux et des ballonnements.

Les aliments lacto fermentés (ex: kéfir, yaourt, choucroute crue, pickles, pâte miso, tempeh, sauce tamari, pain au levain etc.) contiennent également des probiotiques bénéfiques et aident à promouvoir notre équilibre microbien. Cependant ils ne contiennent pas tous des organismes vivants surtout s’ils ont été pasteurisés ou stérilisés.

Vous pouvez stimuler la croissance des probiotiques dans l’intestin en mangeant des aliments spécifiques sur lesquels les bonnes bactéries se développent. Ces aliments sont connus sous le nom de prébiotiques (ex: bananes. artichauts, asperges, ail, oignons, poireau, etc.). Les prébiotiques sont des fibres qui nourrissent les probiotiques et stimulent leur croissance.

 

À retenir, même si tout ce qui précède vous semble indigeste !

  1. Variez votre alimentation et mangez des légumes riches en fibres, qui favorisent la diversité microbienne. Varier les couleurs de vos légumes pour varier les antioxydants.
  2. Privilégiez les aliments naturels et évitez les aliments industrialisés, transformés et raffinés. Ils sont souvent riches en sucres ajoutés, édulcorants, mauvaises graisses et additifs.
  3. Modérez votre consommation d’alcool. Il modifie la population bactérienne de l’intestin et augmente les risques de perméabilité intestinale.
  4. Pensez à manger des légumes et fruits crus qui contiennent non seulement des vitamines et minéraux mais également des enzymes naturelles qui facilitent leur digestion.
  5. Consommez une alimentation riche en prébiotiques et probiotiques.
  6. Mangez bio afin de réduire les pesticides dans l’organisme.
  7. Limitez ou évitez les aliments auxquels vous êtes intolérant ou allergique.
  8. Prenez des antibiotiques que lorsque c’est vraiment nécessaire.
  9. Encourager l’allaitement lorsque possible et éviter les césariennes lorsqu’elles ne sont pas indispensables.
  10. Afin de choisir un supplément de probiotiques adaptés et de bonne qualité, pensez à demander les conseils d’un spécialiste.

 

En conclusion, n’oubliez pas que votre corps est le premier concerné par l’écologie. On ne peut pas à la fois être pour la défense de la planète et pratiquer la malbouffe. Dans la défense de l’environnement votre corps est le premier concerné.

“Tout comme la perte des abeilles dans les vergers ou l’ajout d’une espèce envahissante dans un lac causent des dommages considérables à l’environnement, il semble que de légers changements dans notre équilibre intestinal causés par une alimentation inadéquate peuvent avoir des répercussions sur votre santé.” (1)

 

Stéphanie Achar
Registered Nutritional Therapist + Health Coach
Dip CNM I mBANT I CNHC
www.simpleandhealthy.com

 

 

(1) Myles I. Fast food fever: Reviewing the impacts of the western diet on immunity. Nutrition Journal. 2014;13(61). doi: 10.1186/1475-2891-13-61