| Stéphanie Achar | Août 2019 |

 

Crédit photo : Max Pixel

 

Reconnaissez l’énergie dans laquelle vous vous trouvez

Dans cet article, je vous propose de vous observer face à un aliment sucré (alcool inclus). Honnêtement, il est souvent plus agréable de faire la politique de l’autruche que d’observer ce qui se passe entre vous et l’aliment sucré dont vous avez envie.

Dans un premier temps, mettez-vous dans une situation de calme qui vous permette de prendre conscience de vos émotions. Vous sentez-vous stressé, angoissé, triste, en colère ? Détendez-vous, respirez profondément et réfléchissez à ce qui pourrait causer votre stress, anxiété, votre tension physique ou vos pensées négatives. Se mettre à l’écoute de ce que vous ressentez vous permet de prendre du recul face à vos émotions.

Vous allez pouvoir apprécier si votre envie de sucre est de l’ordre du plaisir ou plutôt de l’ordre d’un besoin. Cette prise de conscience vous donne accès au choix et à la possibilité de modifier le futur.

 

Attention à votre désir de contrôle

Contrôler la manière dont vous mangez, calculer chaque once de graisse ou de protéines ingérées et vérifier que vous respectez bien un certain nombre de calories par jour peut vous amener à devenir obsessionnel.

Le souhait de la minceur absolue, d’une alimentation saine à tout prix, du sport à outrance pour un corps « en pleine forme » et le désir de faire de son mieux pour atteindre son idéal peuvent vous amener vers une tyrannie alimentaire que vous vous faites subir. Sans vous en rendre compte, vous nourrissez un cercle vicieux qui aura un effet boomerang au premier écart.

Que vous contrôliez de manière excessive les quantités ou la qualité de ce que vous ingérez suscite le sentiment de ne pas être à la hauteur de son idéal.

Au lieu de cultiver ce désir de perfection, suivez la règle des 80/20. 80% du temps, mangez sainement et 20% du temps mangez ce qui vous fait plaisir. Se priver des aliments que vous aimez n’est pas viable sur la durée et le mieux est l’ennemi du bien.

 

Comment vous libérer de votre dépendance au sucre

Après avoir jeté votre dévolu sur la bouteille de vin qui était dans le frigo ou le paquet de bonbons qui trainait dans le placard, vous culpabilisez et vous vous demandez ce qu’il a bien pu vous arriver. Vous allez vous reprendre et tout ira mieux.

Cependant, sans en être conscient, vous êtes « gouverné » par votre physiologie. Je vous explique :

le paquet de bonbons ou le verre de vin contiennent du sucre. Le sucre vous fournira une énergie instantanée et stimulera la production de dopamine, l’hormone du bonheur, vous procurant ainsi une sensation de bien-être.

Le seul problème est que le sucre est un «carburant pour fusée» dépourvu de toutes qualités nutritives. Il vous fournira une énergie explosive et temporaire et vous laissera à plat dès les premiers effets passés. Sans en être conscient, vous stimulez vos désirs de sucre, votre dépendance à un carburant inapproprié car la sensation obtenue est agréable au premier abord et il n’y a pas de mal à se faire du bien.

Votre corps a besoin d’une alimentation riche en nutriments pour entretenir son énergie vitale. Seule une alimentation équilibrée vous permettra de vous libérer de la dépendance physiologique au sucre. L’impression d’être en combat perpétuel avec le sucre et avec soi-même est totalement normale lorsqu’on fournit à son corps un carburant inapproprié.

La plupart des produits industriels sont conçus pour créer cette dépendance. Parfaitement équilibrés en sucre, graisses et sel, ils sont délibérément conçus pour vous donner l’envie d’y retourner.

Libérez-vous donc de tout sentiment de culpabilité et de la déception de ne pas avoir plus le contrôle de vous-même. Le seul moyen de se libérer de vos fringales sucrées est d’arrêter radicalement d’en manger (pendant au moins une semaine). Le sucre crée une dépendance et vos envies de sucre ne s’arrêteront pas tant que vous continuez d’en manger. Cette dépendance physiologique est normale. Une fois passée la première semaine difficile, vos envies de sucre diminueront considérablement. Moins vous en mangerez, moins vous en aurez envie. Établir de nouvelles habitudes prend du temps. Que la théorie selon laquelle il faut trois semaines pour arrêter une habitude, six semaines pour en adopter une nouvelle et trente-six pour qu’une nouvelle habitude soit totalement installée… soit juste ou non, elle permet de prendre conscience qu’il faut laisser du temps au temps pour instaurer de nouvelles habitudes.

 

En conclusion, retrouvez le contact avec votre corps, vos sensations et vos émotions. Observez également que l’autocritique permanente alimente des habitudes alimentaires négatives, plutôt que de les arrêter, et faites preuve de compassion vis-à-vis de vous-même afin de vous accepter tel que vous êtes. Ni ange, ni démon.

 

Stéphanie Achar
Registered Nutritional Therapist + Health Coach
Dip CNM I mBANT I CNHC
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