| Bénédicte Long | Mai 2020 |

 

De l'activité physique en plein air

 

Un constat alarmant 

Une nouvelle recherche portant sur 1,6 million de jeunes entre l’âge de 11 et 17 ans, provenant de 146 pays différents, indique que 81% de ces jeunes ne répondent pas aux recommandations de l’OMS de passer au moins une heure par jour à faire de l’exercice physique modéré tel que marcher, jouer ou faire de la bicyclette.  Ainsi, quatre cinquièmes des adolescents dans le monde mettent leur santé en danger en préférant les écrans à l’activité physique.

En quoi cette inactivité physique est-elle nuisible à la santé de ces jeunes ? Mais aussi à celle des enfants et des adultes ?

 

Corrélation entre l’activité physique et santé mentale et physique 

La corrélation entre l’activité physique et santé mentale et physique n’est plus à démontrer.  Cela a été dit et redit.  Il suffit de revenir sur le livre « Guérir » de David Servan-Schreiber en prévention et en soin de la dépression et de l’anxiété.  Dans son livre « Anticancer », il nous fait part d’études encourageantes. Les femmes marchant 30 minutes, six jours par semaine ont 50% de moins de risque de rechute du cancer du sein que celles qui ne marchent pas pour aller travailler.  Le Docteur Bouillet, du CHU Avicenne de Paris-XIII, s’intéresse aux études montrant que les patients les plus actifs physiquement ont moins de cancer et surtout moins de récidives que les autres.  Le Docteur Lee Davis de l’université de Pittsburgh nous explique que l’activité physique permettant de réduire les graisses est la première méthode de désintoxication  du corps. De plus, cette activité permet de modifier l’équilibre hormonal, de réduire le taux de sucre dans le sang et donc la sécrétion d’insuline et donc l’inflammation des tissus … la liste est longue.

Par contre, ce qui est moins connu est notre besoin en lumière.

 

Nous avons besoin de lumière 

Une composante encore plus importante, agissant tant sur le mental que sur le physique, est l’apport de la lumière naturelle.

La lumière artificielle décroit notre niveau de mélatonine.  Cette hormone, créée par la glande pinéale, contrôle notre rythme circadien et est essentielle à notre santé.  Lorsque cette hormone biologique est interrompue, nous risquons de développer des maladies telles la dépression ou le diabète. En revanche, l’exposition à la lumière naturelle permet au cerveau de produire de la sérotonine.  La sérotonine permet de réguler entre autre notre état d’éveil et notre sommeil, notre humeur, nos comportements alimentaires et sexuels, la douleur et l’anxiété.

Les habitants des régions ensoleillées ont 21% moins de risques de souffrir d’arthrite. Une heure d’ensoleillement quotidienne réduit de façon significative les risques de cancer du sein. Les enfants moins exposés au soleil et en manque de vitamine D sont plus à risque de développer des allergies alimentaires et augmentent l’incidence de sclérose en plaques.

Lorsque Florence Nightingale inspectait les  hôpitaux en Crimée, elle remarqua que les soldats blessés s’allongeaient avec le visage tourné vers la fenêtre, même si la position était pour eux plus inconfortable.  Elle écrivit en 1859 que ce n’était pas seulement la lumière qu’ils recherchaient, mais le contact direct avec les rayons du soleil, tout comme les plantes !

Le lux (lumière en latin) est l’unité de mesure de l’éclairement lumineux.  Lors d’une journée d’été  avec le soleil au zénith, nous recevons jusqu’à 100 000 lux, en d’autres moments d’ensoleillement plus faible, nous recevons environ 10 000 lux, pendant une journée très couverte d’hiver, nous en recevons 1000, dans un bureau ou une salle de sport, entre 100 et 300 lux.

Les recherches du Docteur Sacha Bario Healey montrent que la vie et l’énergie sont créées par l’interaction entre l’eau, la lumière et le champ électromagnétique de la terre.  La terre aurait le rôle d’anode, le soleil, celui de cathode séparant la charge positive (H+) de la charge négative (OH-) de l’eau (H2O), créant l’énergie qui nous fait vivre. C’est pour cela que nous nous sentons si bien pieds nus sur le sable au bord de la mer !  Il pense que pour chaque maladie causée par le soleil, il y en aurait 200 causées par son manque !

 

Exercice physique en plein air

Le neuroscientifique Shane O’Mara croit que marcher régulièrement éveille nos capacités cognitives.  Il explique que nos systèmes sensoriels sont optimisés lorsque nous bougeons.  Il a mené des études comparatives sur le long terme montrant les effets positifs de la marche, sur la mémoire, sur nos capacités intellectuelles, cognitives, émotionnelles et créatrices.

Le poète Wordsworth composait sa poésie en se promenant, et Aristote donnait ses cours en marchant à l’école d’Athènes. D’après le philosophe Friedrich Nietzsche, seules les pensées obtenues en marchant ont de la valeur, une notion que Charles Dickens, grand marcheur, aurait sans doute endossée.

La prévention est le parent pauvre de la médecine.  Et nombreux sommes-nous à attendre d’aller mal avant d’agir.  La prévention implique des choix qui nous coûtent… un peu.  La maladie mentale ou physique nous coûte beaucoup plus.  Faisons ce choix de nous aérer, de bouger dehors, ce n’est pas cher et ça fait du bien !  Inscrivons nos enfants à des activités sportives en plein air, et montrons-leur l’exemple.  Marchons vers notre lieu de travail, et accordons nous un quart d’heure dehors à l’heure du déjeuner plutôt que devant nos ordinateurs.

 

Bénédicte Long
benedicte.long@yahoo.fr
http://www.wvosteopath.com/the-team/benedicte-long/
Bénédicte Long est psychologue, hypnothérapeute clinicienne, tabacologue, addictologue et instructrice en pleine conscience.

 

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