| Béatrice Boivineau | Janvier 2020 | La page des lecteurs |

 

 

« Tu as de la chance, toi, moi je ne peux pas faire ça, j’ai (cocher au choix) la famille, la maison, le travail, les enfants, etc.», ou «  Comment ça, tu démissionnes, tu as pensé à ta retraite ? » , ou encore « Mais enfin, ce n’est pas raisonnable ! ».

Ces phrases, je les ai entendues maintes fois, il y a 12 ans, quand j’ai décidé de tout quitter pour partir au Japon, approfondir mon étude des arts martiaux (le Tenshintaido et le Kenbu Tenshin Ryuu, pour être précise).

 

«  Mais ce n’est pas possible ! » Pas possible ? Ah bon ? Et pourquoi ? Pourquoi ne pas faire ce pas en avant, dans l’inconnu certes, mais tellement libérateur, qui vous révèle à vous-même, vous donne l’opportunité de découvrir toute la Force, l’Énergie, la « Lumière intérieure » qui est en vous, qui est en chacun d’entre nous.

Peut-être enfant vous a-t-on souvent dit : « Attention ! Tu vas tomber ! Non, tu ne peux pas faire ça, c’est trop difficile pour toi. » Et dans ce cas, l’avez-vous fait ? Ou pas ?

 

L’enfant qui apprend à marcher tombe, mais se relève, tombe encore, et encore, et encore ; et pourtant finalement il marche, il court ! « Tomber » n’est pas synonyme d’échec, « tomber » c’est juste une tentative, une façon de faire qui n’était pas adaptée à la situation du moment, c’est une occasion d’apprendre et d’affiner sa technique. Alors il faut réessayer, peut-être une fois, peut-être dix, mais finalement on marche ! On court !

 

Donc, première chose, ne pas s’arrêter à une seule tentative.

 

Deuxième chose, qui s’avère plutôt être la première en fait, c’est la confiance, se lancer « franchement », sans préjugé, sans emporter tous les « tu ne peux pas » du passé avec soi. Je m’explique : un trapéziste qui s’élance d’un trapèze à l’autre n’hésite pas, il plonge littéralement, il lâche complètement et suit le mouvement impulsé par le trapèze. S’il hésite, s’il veut « garder l’ancien trapèze » en quelque sorte, s’il ne se lance pas corps et âme vers le trapèze suivant – qui pourrait ici représenter l’avenir ou un nouveau possible –  c’est sûr, il va tomber. C’est se lancer à fond qui mène à la réussite, c’est hésiter et perdre de l’énergie dans cette hésitation qui fait que le résultat ne sera pas à la hauteur de nos espoirs. Un autre exemple est le vélo. Peut-être vous souvenez-vous de votre apprentissage du vélo quand vous étiez enfant. Il est très difficile de garder l’équilibre si on n’avance pas franchement, si on fait du « sur place », si non ne se lance pas. Alors, vous aussi, allez-y à fond, comme la flèche d’un arc, comme une fontaine jaillissante. Soyez complètement tourné vers l’avant, l’avenir, la porte qui s’ouvre devant vous.

 

Si vous hésitez devant une porte d’ascenseur, elle se referme et passe à l’étage suivant. C’est la même chose ici, prenez la porte qui s’ouvre avant qu’elle ne se referme, avec le bon timing, le « flot de l’énergie universelle », et c’est le 3ème point important.

 

Il y a des moments dans la Vie où le Rêve, l’Idéal qu’on a caressé depuis toujours (ou qu’on a remisé dans un coin de notre mémoire car « non, ce n’est pas possible, ce n’est pas raisonnable») ou un besoin de Liberté, de prendre une autre direction, revient à la surface avec plus d’acuité, comme un appel du coeur, ou parfois « des tripes ».

 

« C’est ça que je veux faire, maintenant, c’est là qu’est ma Voie ». C’est comme une évidence. Quand vous sentez cette énergie, cette route qui s’ouvre devant vous, prenez la. C’est comme la vague en surf, si vous la saisissez avec le bon timing, elle vous emmène très loin, et c’est un réel bonheur. De la même façon, les portes vont s’ouvrir devant vous si vous êtes dans le flux de votre énergie vitale, en accord avec le souhait profond de votre coeur.

 

Je suis partie au Japon avec deux valises, sans même savoir où j’allais loger le soir de mon arrivée. Je suis allée directement dans une guesthouse, vers 16h et chose incroyable,  j’ai trouvé une chambre dans le quartier souhaité pour le soir-même.

 

Idem pour Londres, j’ai senti « un appel du coeur» pour venir ici et être proche de l’organisation caritative « Le Ciel Foundation » que je souhaite soutenir. Alors que je réfléchissais à la façon de faire, une des membres de l’organisation a posté une annonce pour proposer une colocation dans son appartement, qui est de surcroît tout prêt du magnifique parc de Battersea (vivre près de la nature ou d’un parc est nécessaire à mon équilibre).

 

Bref, si vous écoutez non pas l’envie du moment, l’intérêt ou l’ego, mais ce qui vous porte, vous fait vibrer, vous rend heureux et « vivant » ; si vous vous engagez à fond, sincèrement, de toute votre « Lumière intérieure » dans la réalisation de votre idéal, tout est possible. Peut-être, comme l’enfant qui trébuche, vous tomberez, et donc vous apprendrez et vous affinerez votre méthode, mais comme l’enfant que vous avez été (et que vous êtes toujours quelque part) au final vous marcherez, vous courrez, vous réaliserez ce pour quoi vous êtes réellement fait, votre « mission » en quelque sorte.

 

Pour vous mettre dans cet état d’esprit, il faut vous rendre compte de ce dont vous êtes capable, de toutes vos réussites et de tout ce que vous rendez possible chaque jour. Commencez par noter toutes les réalisations de votre journée, qu’elles soient petites ou grandes.

 

Ainsi par exemple :

  • + ce matin café-accueil, beaucoup de contacts (gardez uniquement le positif, envisagez toutes les choses sous leur angle positif, laissez de côté ce que vous n’avez pas fait comme vous l’auriez voulu, peut-être ce n’était pas le bon timing ou la bonne action. Exemple, je ne note pas « je n’ai pas distribué les flyers que j’avais prévus », (en fait j’ai récolté tant d’informations que je n’ai pas eu le temps de diffuser les miennes, j’étais dans la « réception », dans l’écoute, et pas dans « l’émission » la diffusion d’informations).

 

En revanche, je note :

  • j’ai  rencontré la rédactrice en chef de L’ECHO Magazine, et me voilà en train d’écrire un article qui sera publié, d’une façon ou d’une autre.

 

Je ne me dis pas « mais non, tu n’es pas journaliste, ton article est touffu, voire un peu confus,  et ton angle de vue est probablement un peu différent de ce qui est demandé.». Non, je sens comme une inspiration, « un appel à écrire », à suivre l’énergie qui est là, donc j’écris.

 

Vous aussi, saisissez l’instant, écoutez votre coeur, suivez le flot d’énergie vitale qui vous entraîne, et alors la Voie s’ouvrira au fur et à mesure devant vous.

 

Au Japon, outre les arts martiaux (Tenshintaido et Kenbu Tenshinryuu), la calligraphie et les massages, je donnais également des cours particuliers de français. Je crois que le mot que j’utilisais le plus souvent devant mes élèves japonaises, qui hésitaient à participer pendant les cours, ou à parler à des français à l’extérieur,  est « dékiru ! » qui signifie, « Tu peux le faire ! C’est possible ! ». Vraiment je crois que chacun de nous peut le faire. Nous avons en nous des ressources insoupçonnées qui ne demandent qu’à s’exprimer, à nous guider vers notre Voie véritable et à nous rendre pleinement et profondément heureux et lumineux. Alors je vous adresse aussi ce message : « Dekiru ! »

 

Béatrice Boivineau
Instructrice 3me dan  de Tenshintaido et Kenbu Tenshinryuu, Tenshintaido Kooki
beatrice.boivineau@gmail.com