De radio en dico : du jazz sinon rien ! 

| Caroline Kowalski | Décembre 2018 | 

 

Depuis sa découverte à 16 ans, le Jazz lui colle à la peau. Une idylle qui mène tout naturellement Patrice Blanc-Francard – voix radiophonique bien connue des mélomanes – à signer le dernier volume de la désormais célèbre collection des Dictionnaires amoureux. Loin des thèses encyclopédiques, ce qu’il appelle son « recueil de nouvelles » invite à se laisser émouvoir par l’insaisissable poésie des légendes du Jazz, humaines autant que musicales.

 

 

Vous venez ce samedi 8 décembre présenter votre livre à Londres. Cette ville occupe-t-elle une place significative dans votre vie ?

Absolument ! Mon épouse est née dans la New Forest, l’un de mes trois fils habite à Londres et beaucoup de mes amis vivent dans ce qui semble être la plus grande ville française hors de France. Ça paraissait incontournable.

 

3 ans de recherche et d’écriture, 700 pages de biographies, anecdotes, flashbacks. Tout cela dans une publication prestigieuse… Quelle aventure !

Trois années intenses mais heureuses ! Je connaissais pas mal les contours de l’histoire du Jazz mais c’était l’occasion de découvrir combien elle était dynamique. Pour moi le Jazz c’est tout le contraire de ce que ceux qui ne le connaissent pas peuvent en dire («musique intello, stérile, pas drôle »). Je la trouve superbe, merveilleuse, chaude. Le Jazz c’est mon ADN. Il m’accompagne sans arrêt. C’est ça que je rêvais de partager.

 

Depuis sa sortie en février, comment votre travail a-t-il été reçu ?

En parcourant la France pendant des mois de promotion (dans 23 villes), je ne m’attendais pas du tout à recevoir un accueil si chaleureux. J’ai été très récompensé par des rencontres extraordinaires. Je suis très touché aussi lorsqu’on me dit : « je vous écoutais à la radio et vous avez fait mon éducation musicale.» Il faut dire que j’ai eu la chance de faire de ma passion un métier.

 

Une passion qui ne se limite pas au Jazz d’ailleurs…

C’est vrai, j’écoute énormément de musiques différentes. Il y a peu j’avais le privilège d’entendre en concert les vêpres de Monteverdi. En revanche je suis moins attiré par les chansons à textes.

 

Dans certaines interviews* vous évoquez la filiation qui peut exister entre les artistes, d’un courant à un autre du Jazz. Éclairez-nous.

Oui je n’ai pas choisi de porter l’attention sur un style ou un musicien plus qu’un autre. Même si Miles Davis reste pour moi le personnage central de l’histoire du Jazz : il se faufile entre les pages du bouquin, change le cours de l’histoire musicale jusqu’au rock… Je me dois de respecter tous les styles et de garder une vision sans exclusive qui intègre une partie du Blues, Jimi Hendrix, le Jazz fusion peut être aussi…

 

Vous essayez de faire tomber les cloisons en sorte ?

On oublie souvent que le développement de la musique –de l’art en général – n’est pas linéaire. En découvrant l’art africain à la toute fin du XIXe par exemple, on a compris que ce qui est moderne n’est pas forcément supérieur à ce qui est ancestral. Lorsque Mendelssohn a remis Bach au goût du jour, il n’a fait que dépoussiérer ce qui semblait «poussiéreux » mais qui pétillait sous la poussière !

 

Propos recueillis par Caroline Kowalski
carolinekowalski@hotmail.com

 

Rencontre-dédicace mercredi 12 décembre de 14 à 17h. Librairie La Page.