La nouvelle année approche, et avec elle le retour des traditionnelles bonnes résolutions.
Moment d’espoir et de perspective de changement pour certains, de culpabilité et de désillusion pour d’autres…

En effet, si la majorité d’entre nous prend de bonnes résolutions au 1er janvier [i], nous sommes très peu à les tenir et si vous vous sentez concerné/e, à la lecture de ces lignes, rassurez-vous, vous n’êtes pas seul/e : une très sérieuse étude [ii] a montré que 88 % des résolutions de la nouvelle année finissaient par échouer.

Alors pourquoi ce rituel des bonnes résolutions ? Quels ressorts psychologiques ou sociétaux se cachent derrière ?
Et puis finalement… est-on vraiment obligé/e de prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année ?

 

Les origines de cette tradition

Avant de décider si oui ou non, vous prendrez (encore !) de bonnes résolutions cette année, penchons-nous sur l’origine de cette coutume.
Elle date de l’Antiquité, il y a plus de 4000 ans à Babylone : l’objectif était de remettre les compteurs à zéro, en promettant aux Dieux de rembourser ses dettes et de rendre les objets qui avaient été empruntés – l’histoire ne dit pas si ces promesses étaient tenues.

À l’époque des Romains ensuite, sous Jules César, les promesses étaient faites à Janus, dieu des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes. Ce dieu aux deux visages, l’un tourné vers le passé, l’autre vers le futur, symbolisait la transition l’année écoulée à celle à venir.

Cette tradition a ensuite perduré au fil des siècles avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui : une liste d’objectifs plus ou moins réalistes et souvent difficiles à tenir.

 

Le 1er janvier, la meilleure date pour les bonnes résolutions ?

 Le nouvel an est pour beaucoup une date symbolique de recommencement : un cycle se termine, un autre commence et c’est l’occasion de prendre un nouveau départ.

Une étude américaine [iii] a démontré qu’« un repère temporel marquant le début d’une nouvelle période augmente l’intention de se lancer à la poursuite d’un objectif », le 1er janvier étant à ce titre la date la plus symbolique.

Alors pour ceux qui souhaitent encore prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année, vous ne vous êtes pas trompés et cette date sera assurément la plus porteuse.

Si cette étude nous montre que l’individu est plus à même de prendre de bonnes résolutions le 1er janvier qu’un autre jour, on a vu que les tenir était une autre paire de manches !

 

Attention aux injonctions

Une injonction est littéralement « l’ordre formel d’obéir sur-le-champ sous menace de sanction » [iv]. Il s’agit en réalité du principal piège qui vous empêchera de réaliser les objectifs que vous voulez vous fixer pour bien démarrer l’année.
Dans notre vie quotidienne, nous en sommes bombardés : il s’agit de tous ces « il faut », « je dois », ordres que l’on se donne à soi-même et que l’on va puiser dans les réseaux sociaux, les médias, dans notre éducation…
« Il faut » être plus mince, gagner plus, être heureux, etc. «  Je dois » manger plus sainement, être mois stressé/e… La liste est longue, et vous y reconnaîtrez probablement certaines de vos bonnes résolutions des années précédentes.
Tenter de répondre à ces injonctions vous pousse en réalité à choisir des objectifs qui ne sont pas les vôtres et donc majoritairement voués à l’échec.

Ils vont vite se transformer en fardeau, avant d’être rangés dans le tiroir des bonnes résolutions non tenues et culpabilisantes, donc dans le tiroir des « mauvaises résolutions ».

 

Au cœur de la réussite : la motivation … et donc le plaisir

Car finalement, bonne résolution ne doit pas forcément rimer avec punition, et votre réussite va puiser sa source dans le plaisir et la satisfaction personnelle que vous retirerez du résultat, en dehors de toute pression extérieure (ces fameuses injonctions !).

En transformant ces « il faut / je dois » en « j’ai besoin / j’ai envie », vous allez commencer à décider pour vous-même, et non pas pour les autres !

Ce constat s’appuie sur la théorie de l’auto-détermination [v], qui identifie trois besoins psychologiques qui, s’ils sont remplis, vous permettront de booster votre motivation.

Il s’agit du besoin de compétence (apprendre quelque chose de nouveau et utiliser ses capacités), le besoin de relations sociales (se sentir connecté/e aux autres, le sentiment d’appartenance, l’attention à l’autre) et enfin l’autodétermination, qui fait référence au fait d’être à l’origine de ses propres comportements sans en attendre de gratification extérieure.

Vous tiendrez donc d’autant mieux vos bonnes résolutions qu’elles viendront nourrir l’un de ces trois besoins.  Et ces bonnes résolutions « nouvelle formule », parce qu’elles viendront de vous et de vous seul/e, seront en lien avec vos valeurs et vos aspirations…et auront plus de chances de réussir !

 

Et si finalement la bonne résolution, c’était de ne pas en prendre ?

Lâcher prise, être bienveillant/e t avec soi-même, écouter son cœur et ralentir dans la course aux objectifs…

C’est aussi une autre possibilité pour aborder cette nouvelle année sous un angle différent : ralentir, écouter ses envies, prendre le temps…et de ne pas se fixer d’objectifs !

Après une année à l’emploi du temps probablement chargé, aux défis nombreux, où vous avez tenté d’en faire un maximum pour être « plus », ou « mieux » à tous niveaux, vous avez aussi le droit de faire une pause en démarrant le 1er janvier sur une page vierge de tout objectif et prendre le contrepied de cette tradition.

Qui sait, dans le monde qui nous entoure, fait de performance et d’immédiateté de l’action, c’est peut-être la bonne résolution la plus difficile à tenir !

 

Bénédicte Gariel
Benedicte.gariel@dare-yourself.com

 

[i] 92% des Français prennent des bonnes résolutions à la nouvelle année. Source : Qapa, étude 2019
[ii] New Year’s resolution project (2007), Richard Wiseman, Université de Bristol.
[iii] Dai, H., Milkman, K. L., & Riis, J. (2015). Put Your Imperfections Behind You: Temporal Landmarks Spur Goal Initiation When They Signal New Beginnings. Psychological Science, 26(12), 1927-1936.
[iv] Définition du Larousse
[v] Deci & Ryan (2002)