| Caroline Kowalski et Hélène Guild | Avril 2019 |

 

Perte de confiance en soi ? Impasse ? Dépression ?… De recherche d’emploi infructueuse en aliénation Delphine Boileau-Terrien connaît si bien le combat des femmes expatriées en quête de réalisation qu’elle s’est spécialisée dans leur accompagnement professionnel. Bilan sur mesure, plan d’action personnalisé, groupes de partage et surtout résultats concrets : un coaching pour se libérer des pensées sabotantes, accoucher de son job idéal et découvrir un épanouissement inespéré dans le travail. Ou comment passer du rêve à la réalité.

 

En arrivant de Shanghai aux États-Unis vous ressentez le besoin de changer de cap et passez des Ressources humaines au coaching. Propulsée aux États-Unis à la suite de cette première expérience, vous vous tournez vers des coachs canadiens qui vous permettent de vous révéler à vous-même. Qu’est-ce qui fait selon vous la force du coaching « à  l’américaine » ?

 

Je crois pouvoir dire que les coachs américains s’impliquent vraiment. Ils m’ont partagé leurs convictions et voyaient en moi ce que j’étais capable de réussir. Ce qui m’a mise en confiance tout de suite c’est qu’ils avaient réussi là où je voulais moi-même parvenir. Ils avaient construit leur accompagnement sur la base de leur propre succès. Comme modèles ils m’ont rassurée et permise de me projeter. Il ne s’agissait pas de leur ressembler mais plutôt d’appliquer ce qui avait fonctionné pour eux et de l’intégrer à ma façon de faire, avec mes valeurs, ma personnalité et surtout ma culture.

Et puis, toujours très en avance, les Américains travaillent en ligne depuis longtemps. Je me suis donc entourée d’adjointes virtuelles bien avant les Européens et j’ai lancé mon propre business en ligne.

 

Votre marché se compose essentiellement de femmes expatriées. Comment qualifieriez-vous les besoins et les challenges propres à cette catégorie ?

 

Ce marché, c’est vraiment ma “niche de cœur”. Les femmes expatriées font face à un défi commun : se positionner à l’étranger, en-dehors de leur “écosystème”. C’est un peu comme se retrouver enceinte pour la première fois : on ne sait que ce qu’on nous en dit mais on a tout à découvrir. Il faut se ré-inventer complètement ! Pour éviter de recommencer douloureusement à zéro à chaque expatriation (en ne construisant que sur le court terme et dans une perspective purement locale) je leur propose de découvrir LE job qui leur colle à la peau et d’en vivre indépendamment des contingences géographiques ou familiales.

 

Pouvez-vous nous éclairer sur votre méthodologie “pas à pas” ?

 

Je pars de la personne là où – d’expérience – je sais qu’elle est, puis on chemine progressivement ensemble, regardant les besoins un par un. Un parcours validé auprès des clients qui ont pu accoucher d’un véritable projet d’entreprise. Le fait de baliser ce chemin dans un ordre précis et bien rôdé apporte une clarté qui sécurise énormément l’entrepreneur qui sommeille peut être en chacun mais qui ne demande qu’à s’épanouir. À partir d’un bilan exhaustif du parcours, des rêves, des doutes de la personne, on peut démystifier les sources de stress, établir des stratégies pour reprendre la main, et même choisir le profil de client adapté à ses propres besoins.

 

Le coaching est à la mode et son offre pléthorique. Sur quelle expertise professionnelle vous appuyez-vous pour conseiller vos client(e)s dans la mise en œuvre pratique, chiffrée, commercialisable de leurs idées ?

 

L’appellation de coach reste assez réductrice. En réalité je suis experte en transition de carrière et en réussite entrepreneuriale. Et par souci d’intégrité je ne peux pas promettre ce que je ne peux pas garantir. 80% de mon travail consiste à permettre à mes clients de se libérer des croyances limitantes à chaque fois qu’elles se présenteront. Tout ça ne sort pas du chapeau, je me suis formée bien sûr.

Comme mes clients se tournent vers moi pour donner du sens à leur vie, se sentir utiles tout en se réalisant financièrement… On ne fait pas l’économie d’un travail en profondeur sur cette relation à l’argent. C’est une notion encore récente qui joue pourtant une place essentielle dans le développement personnel. De mon côté j’ai trouvé très difficile d’être dépendante financièrement de mon mari : je voulais vraiment évoluer. Entre mes deux bébés j’ai donc commencé à me former.

Se réaliser et bien vivre, c’est possible ! C’est d’ailleurs un des moteurs principaux du coaching, même s’il est vrai qu’on manque encore trop de modèles féminins…

 

S’il s’agit de créer son activité – après de nombreuses années sans travailler – comment savoir si on a la carrure d’une entrepreneure ?

 

Contrairement à ce que je pensais, devenir entrepreneur ça s’apprend. Pour peu qu’on en ait l’envie. Ce n’est pas facile mais c’est extrêmement gratifiant ! Si l’on considère que les difficultés sont des occasions de croissance personnelle, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner, et ne pas rester seule. D’autant que les femmes se confient plus facilement entre elles, notamment sur des questions d’équilibre de vie, de relation au conjoint ou de loyauté par rapport aux enfants…

 

Quel rôle la femme peut-elle espérer jouer sur le marché après la cinquantaine ?

 

Quel que soit l’âge, il faut suivre son envie. Il n’y a pas d’âge pour être heureuse, se sentir remplie de sens, à sa place. Quand on vit à l’étranger on est sans doute plus capable de prendre du recul par rapport à la menace du “jeunisme”. Le défi c’est de se libérer des modes, des inhibitions culturelles, de tout ce qui nous limite, et de faire par rapport à soi. Aujourd’hui je gagne plus que mon mari par exemple : les plafonds sautent et c’est même apaisant.

 

Les reconversions réussies sont-elles accompagnées de nouvelles études ? Comment être crédible sans cela ?

 

Quand la cliente n’a pas réussi à préciser son idée en détail, on peut quand même construire un projet sans formation, pour commencer à se frotter à une clientèle avant de peaufiner le projet. La certification à tout prix risque de conduire au syndrome de l’imposteur : on se goinfre de formations pour compenser un complexe de légitimé, et on finit par créer une dette. Combiner, dans ce projet qui émerge, le service direct d’une clientèle et l’autofinancement, c’est lancer une belle dynamique de construction. On peut se former ensuite en complément.

 

Est-ce plus facile pour une femme de se “ré-inventer” que pour une homme ?

 

J’ai accompagné des hommes en couple ou avec une famille. Pour eux la reconversion paraît plus difficile et plus lente car ils se situent encore dans le modèle du “papa-gagne-pain”. Cette pression énorme rend plus laborieuse l’émergence d’un projet de cœur… La femme sait davantage se donner les moyens de le faire, en utilisant ses RTT ou les limites d’un CDD. Elle bénéficie sans doute d’une faculté naturelle d’adaptation qui lui permet d’envisager de nouveaux fonctionnements, plus en harmonie avec ce qu’elle est en profondeur.

 

Vous faites également intervenir une “energéticienne” dans votre coaching. Que faut-il entendre sous ce vocable quelque peu ésotérique ?

L’energéticienne cherche par des méthodes douces à réconcilier les deux facettes de notre être : le Yang (plus masculine, orientée vers le faire) et le Yin (plus féminine, intuitive et souvent étouffée). Marie-Laure a travaillé dans le marketing avant de se former auprès d’une scientifique américaine, Barbara Brennan. Aujourd’hui elle vient soutenir ma démarche de coaching en désamorçant les peurs, les doutes, les croyances sabotantes enracinées parfois jusque dans nos mémoires cellulaires. Cela choque souvent les cartésiens (comme moi)… Jusqu’à ce que l’expérience d’un mieux-être tangible fasse tomber les dernières résistances. L’ostéopathie, la sophrologie, le yoga, la méditation ou l’hypnose se rejoignent sous le terme de libération énergétique. En deux séances avec Marie-Laure certaines clientes se sont ainsi débarrassées du sentiment de rejet qui entravait leur élan. Après deux ans d’accompagnement régulier, je peux dire que sa contribution a vraiment fait la différence pour moi !

 

Auriez-vous un ou deux livres à recommander ?

 

Sur la question de comment générer de l’argent différemment, je retiendrais surtout Réfléchissez et devenez riches, par Napoleon Hill. Enfin je crois que s’il on appliquait les principes décrits par Miguel Ruiz dans Les quatre accords Toltèques, on n’aurait pas besoin de lire autre chose…

 

Propos recueillis par Caroline Kowalski et Hélène Guild
carolinekowalski@hotmail.com
helene@hortecole.co.uk

 

 

www.femmesdechallenges.com