| Jeremy Simmons | Juin 2019 | 

 

A 8 ans, Roxanne a hâte d’avoir enfin une petite sœur avec qui jouer, mais rapidement après sa naissance, tous ses rêves de grande sœur prennent une forme qu’elle n’avait pas imaginée. De grande sœur elle se transforme en protectrice, mais 20 ans après qu’en pense-t-elle ?

Roxanne avait 8 ans quand Thiéfaine, sa petite sœur, est née. Roxane se réjouit de pouvoir enfin rencontrer cette petite sœur et ses parents se réjouissent de cette naissance tant attendue. Mais en ce matin de février, l’arrivée du bébé ne se passe pas comme prévue. Quand Thiéfaine naît, son papa remarque de suite qu’il y a un problème et le bébé est rapidement emmené par les infirmières.

Thiéfaine est née avec une agénésie à sa main droite que les docteurs n’avaient pas remarquée lors des échographies : les doigts de la main droite ne s’étaient pas développés pendant la grossesse. Ce fut un choc pour la famille et les premiers mois ont été bouleversants pour les membres de la famille.

Pourtant au fur et à mesure que Thiéfaine grandissait, ils réalisèrent que Thiéfaine s’adaptait très bien à son handicap : des premiers moments où elle a commencé à ramper ou encore à tenir son biberon.

La famille de Roxane vivait dans un petit village et tout le monde connaissait Thiéfaine et son handicap depuis qu’elle était petite. Ceci était une immense aide.

Roxane raconte, que en tant que grande sœur, elle essayait toujours de faire de son mieux pour l’aider mais elle trouvait son rôle de grande sœur parfois très difficile et elle se sentait parfois isolée.

Petite, Thiéfaine a essayé de porter des prothèses mais elle les trouvait inconfortables. Un jour, elle est allée à l’école portant une prothèse. Ses amis et ses professeurs étaient tellement surpris qu’elle ne l’a même pas gardé la journée.

Thiéfaine aimait également se retrouver avec un groupe d’enfants ayant un handicap similaire au sien. Tous les Noëls, l’entreprise qui fabriquait des prothèses organisait une fête où elle réunissait les enfants avec qui elle travaillait. C’était un moment unique à partager avec Thiéfaine. Roxane raconte qu’en tant que grande sœur, elle trouvait cela super que sa sœur puisse se retrouver avec des enfants qui ont le même problème qu’elle.

Pour Roxanne, « ce qui était le plus dur pour Thiéfaine était le regard des autres. Les enfants ne sont pas méchants entre eux mais les parents ont un regard négatif sur les handicaps ». Elle nous explique que la raison principale pour cela est le fait que les gens n’osent pas aller demander la cause de ce handicap.

Elle se rappelle aussi de problèmes quotidiens : elle se souvient des heures du repas où Thiéfaine avait des problèmes avec les couverts. Sa famille l’aidait en tenant la fourchette et Thiéfaine coupait la viande avec son couteau. Petit à petit, elle a réussi à trouver des solutions.

Certaines difficultés sont insurmontables, comme par exemple, faire ses lacets, mais Roxanne admire la persistance de sa cadette qui, elle raconte en rigolant, « faisait plus de choses que son frère qui avait 4 ans de plus avec une main en moins. »

Maintenant, Thiéfaine a 20 ans et a très bien réussi à s’adapter à la vie d’adulte. Son seul obstacle maintenant est de conduire : elle a une voiture spécialisée mais en France la main la plus importante pour conduire est la droite.

Roxanne encourage toutes personnes atteintes d’un handicap à rester fortes et à persister mais aussi aux membres de familles de faire de leur mieux pour les aider à vivre et profiter de la vie qu’ils méritent. Elle incite aussi toute personne du public à aller parler avec des gens qui ont un handicap et leur demander pourquoi ils ont ce handicap mais aussi à leur proposer leur aide.

 

Jeremy Simmons
3ème au Lycée Charles de gaulle de Londres
Lauréat du Concours du Jeune Journaliste 2019