| Bénédicte Long | Août 2019 |

 

Crédit photo : Faisal Akram

 

Le sommeil est fondamental pour notre équilibre psychologique et physiologique et, paradoxalement, nous l’ignorons facilement. 

 

Qualité du sommeil profond

Rarement je suis consultée pour le sommeil, et pourtant depuis quelques temps, la qualité du sommeil de mes patients est devenue une de mes priorités. Le sommeil est fondamental pour notre équilibre psychologique et physiologique et paradoxalement, nous l’ignorons facilement.  Il permet à notre cerveau de réguler nos émotions, notre capacité d’apprentissage, de mémorisation et de rationalisation, notre pouvoir de création, notre métabolisme et notre système immunitaire. En revanche, le sommeil induit par l’alcool ou les médicaments, s’il nous assomme, ne permet pas le cycle naturel du sommeil réparateur.

 

Nos besoins fondamentaux

Lorsque je travaille avec les addictions, j’introduis la notion de « besoin ».  La personne en prise avec l’addiction ressent le « besoin » d’une cigarette, d’un verre, de son somnifère…  Pourtant (à l’exception près de l’alcool dans certains cas), on ne meurt pas du manque.  Bien au contraire. Or, le cerveau reptilien ne le sait pas. C’est ce qui fait toute la problématique de l’addiction car elle envoie ce message erroné : j’ai besoin de « ma » dose.  Or quels sont nos besoins? Nos besoins fondamentaux physiologiques commencent par l’oxygène, nous ne pouvons survivre plus de quelques minutes sans air, puis vient notre besoin en eau, quelques jours de survie, puis de nourriture, environ 40 jours, mais rarement pensons-nous au sommeil. Or le manque de sommeil perturbe gravement notre métabolisme et nos capacités intellectuelles dès 24 à 48h.

 

Les approches

Une première approche intéressante dans la régulation des troubles du sommeil est la méditation en pleine conscience. Ce qui nous tient souvent éveillé, surtout au petit matin, est le cercle infernal de pensées envahissantes. Un programme MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction) permet en 8 semaines non pas de changer nos pensées et nos émotions, mais de savoir quoi en faire, de ne plus être manipulé par ces pensées ni de nous y identifier mais de les accueillir, de les entendre et de vivre en paix avec elles. De nombreuses études montrent une amélioration considérable de la qualité et de la durée du sommeil par la pratique régulière de la méditation en pleine conscience.

Une deuxième approche à explorer est l’hypnose clinique. L’étymologie du mot « hypnose », du grec « hupnos » signifie le sommeil.  Or l’hypnose n’est pas le sommeil mais un état de conscience modifiée. Cet état permet une relaxation profonde mais surtout est un état où le conscient et l’inconscient travaillent en harmonie, un état où toutes les parties de notre esprit travaillent ensemble pour notre bien-être (dans le cas présent le sommeil). Ceci malgré nos blocages, nos mécanismes de défense, nos peurs, nos obsessions. L’apprentissage de l’autohypnose peut devenir un outil puissant, nous permettant de puiser dans nos ressources immenses d’auto-guérison. Ces ressources sont à notre portée mais souvent occultées par nos doutes ou encore par des drogues, pharmacopée incluse.

Les médicaments ont leur place et sont parfois nécessaires mais n’oublions pas nos propres mécanismes d’autorégulation. Les deux approches mentionnées peuvent permettre dans bien des cas de remplacer les somnifères, diminuer leurs utilisations ou bien encore renforcer leur efficacité. Ces approches, sans être la panacée, valent la peine d’être explorées car peuvent se révéler extrêmement efficaces.

 

Bénédicte Long
benedicte.long@yahoo.fr

 


 

Pour en savoir plus :

  • Walker Matthew, Pourquoi nous dormons ? Editions La Découverte
  • Williams Mark et Penman Danny, Méditer pour ne plus stresser, Odile Jacob
  • Kabat-Zin Jon, De la tourmente, la pleine conscience : MBSR, la réduction du stress basée sur le mindfulness, J’ai lu, Bien-être