| Marie de Montigny | Mars 2020 |

 

 

Franco-britannique élevé dans le sud de la France, finaliste de The Voice en 2013, Jude Todd revient conquérir les terres paternelles, au son de la pop folk électro.

Il est arrivé tard la veille, il a tapé toute la matinée aux portes de labels londoniens, mais c’est décontracté, volubile et souriant qu’on le retrouve dans un des cafés du V&A, quelques heures avant son concert au Dublin Castle à Camden.

 

Des terres de l’enfance jusqu’à The Voice

 

Cela commence par des histoires qu’il envoie à sa grand-mère : « je ne savais même pas encore écrire, je dictais les textes à ma mère ! ». Des histoires, il passe aux chansons, en anglais toujours, influencé notamment par Robbie Williams, Phil Collins, Elton Jones. « Sans savoir faire de musique, j’écrivais des paroles, dans leur style, et je trouvais des mélodies par-dessus et m’enregistrais sur des cassettes ! ». Il prend quelques cours de guitare, qu’il abandonne mais reprend quelques années plus tard, à l’adolescence, en autodidacte. Il est alors fan des Arctic Monkeys ou encore des Babyshambles. Au lycée à Saint Raphaël, il monte avec quelques copains un groupe, les Sundayfools, qui se produit à l’occasion dans les bars ou les scènes régionales. Ils bricolent une vidéo qui finit sur Youtube, mais aussi et surtout dans le radar des équipes de The Voice en 2013. Pas franchement conquis par l’idée de participer à une émission de « télé-crochet », Jude se laisse convaincre par son entourage et, coaché par des professeurs de chant, gravit les étapes jusqu’au premier direct. L’expérience donne de la visibilité au groupe, lui permet de rencontrer le milieu musical professionnel. Cette époque constitue un point de bascule où chacun des membres du groupe s’interroge sur l’opportunité d’en faire leur métier. Mais un accident de voiture tragique pour l’un des membres et le destin en décide autrement. Entouré aujourd’hui de musiciens professionnels, un bassiste, un batteur et un pianiste-guitariste, surfant sur l’effet The Voice et sa débrouillardise, Jude se produit en indépendant, au cours de festivals et dans les premières parties, comme celles de Lou Doillon, Louane, ou encore Benjamin Biolay entre autres.

 

L’anglais pour traverser la Manche

 

Fidèle à ses racines paternelles (son père est originaire de la région de Newcastle), ses textes sont en anglais, « la musique que j’ai toujours écoutée est anglaise et quand je compose ça me vient beaucoup plus naturellement en anglais ». Cependant, ce parti pris le limite sur la scène française et notamment à la radio où est imposé un quota de 40% de chansons dans la langue de Molière. Les labels cherchent en priorité à faire signer « un petit gars français qui chante en français ». De plus, avec sa partition pop folk électro, Jude n’est pas exactement dans le style qui pour lui prévaut en France aujourd’hui, à savoir « la musique urbaine, le rap ». D’où ce regard tourné vers l’Angleterre, et plus particulièrement Londres, « pour bosser dans le milieu de la musique, et pas seulement en tant qu’artiste, mais aussi essayer d’écrire, composer pour d’autres ». Et également trouver un label qui puisse l’épauler professionnellement. « Le but n’est pas forcement d’être célèbre, mais de pouvoir vivre ce que j’aime, d’être reconnu pour ce que je fais, faire partie de ce milieu artistique ». Il s’attaque donc à la scène britannique en décembre dernier, au Priory Tavern à Hampstead, bientôt suivi de 2 dates en janvier à Camden, au Dublin Castle puis au Number 6. Et prochainement au Bedford (Balham) le 1er avril, où s’est déjà produit une de ses idoles, Ed Sheeran. Chanter dans un pub en Angleterre est pour lui l’occasion de faire connaître ses propres compositions, contrairement à la France où les musiciens dans les bars font surtout des reprises. Et l’Angleterre est une terre prometteuse : l’un de ses titres, « Don’t need your love » a déjà été repéré et diffusé par la BBC.

 

Quand il n’est pas à Londres pour faire la tournée des pubs guitare en main, Jude prépare son prochain EP. Il compose principalement au cours de séjours musicaux intensifs, « enfermé avec le groupe dans une villa pendant trois jours ! ». La sortie de l’EP est prévue au printemps prochain, et Jude fourmille d’idées pour en faire la promotion. (Il avait réalisé un micro-trottoir pour la sortie du précédent). Affaire à suivre !

 

  • Prochain concert londonien :
    1er avril 2020, au Bedford, 77 Bedford Hill, Balham, London, SW12 9HD
    www.thebedford.com
  • Prochain album : au printemps 2020