| Hélène Guild | Février 2021 |

 

Partons à la recherche de solutions plus naturelles. Les plantes soulagent, drainent, boostent, détoxifient, et certaines d’entre elles font davantage.

 

zénitude par les plantes

 

Plant power à l’origine de notre corpus médical

 Il n’existe pas de domaine thérapeutique dont le monde végétal soit absent : la morphine est une substance active extraite du pavot. La quinine, antipaludéen, est extraite d’un arbuste et les curares, extraits de lianes d’Amazonie, sont précieux en anesthésie. La liste des plantes est longue puisque 70 % de notre pharmacopée est issue du monde végétal.

Depuis le 19ème siècle, la notion de principe actif est désormais claire : les scientifiques sont conscients que si la plante est active, elle renferme des substances chimiquement définies. Depuis, le lobby pharmaceutique copie in vitro le monde végétal et en synthétise les molécules. Aujourd’hui plantes et chimie ou tradition et science ne s’opposent pas forcément. Les moyens technologiques d’analyse permettent de découvrir de nouvelles propriétés thérapeutiques des plantes. Ainsi, les chercheurs de Kew Gardens sont toujours à l’affût d’espèces inconnues et concentrent leurs efforts pour découvrir ces nouvelles molécules pour traiter certains cancers.

 

Douce, alternative ou parallèle

On parle de médecine douce par opposition à la médecine allopathique. Nous avons tous en mémoire quelques “remèdes de grand-mère”.

L’usage empirique des plantes sauvages a progressivement fait place à la phytothérapie, une discipline à la frontière de la botanique, de la pharmacie, de la médecine et de la chimie. Cette pratique englobe la plupart des usages traditionnels que l’on peut faire des plantes. Elle a la particularité d’utiliser la plante pour toutes les molécules qui la composent (ce qu’on appelle le “totum”) mais elle peut aussi avoir recours à des extraits purifiés ou enrichis. D’un pays à l’autre l’approche culturelle de la santé varie énormément. Alors qu’en France et en Grande-Bretagne les herboristes ne sont guère reconnus, en Allemagne, les médecins et les hôpitaux prescrivent fréquemment des remèdes “naturels”. En adoptant cette médecine parallèle, on peut limiter la prise de médicaments de synthèse.

Peut-être l’occasion d’une décroissance médicamenteuse ? Grâce à une approche holistique le thérapeute perçoit le patient dans sa globalité. De par sa formation, il doit connaître l’action de chaque plante et comprendre l’ensemble de ses constituants sans le limiter à un seul principe actif isolé. La compétence doit être au rendez-vous.

 

Cueillette de sens

Verveine, tilleul, fleur d’oranger, valériane, camomille, passiflore, houblon, mélisse, lavande sont des noms évocateurs.

Si vous êtes du genre à tourner en rond avant d’aller vous coucher, à ruminer sur l’oreiller ou à vous retourner sous la couette en pleine nuit sans retrouver le sommeil, et bien vous n’êtes pas seul !

Hygiène de vie, consommations, environnement (air, ondes, bruits, lumière) et incertitude du lendemain, viennent chahuter nos rythmes circadiens. Stress et anxiété, sur une période prolongée, ont des effets négatifs sur notre santé physique et mentale. Restons à l’écart de ces symptômes chroniques et changeons notre approche en suivant le conseil des professionnels.

Avec un bon dosage et une bonne traçabilité, les plantes sont nos meilleures alliées. Elles nécessitent parfois un petit peu de patience. Cependant, il est important de vérifier son authenticité.

Il existe un commerce mondial illicite de plantes médicinales. Beaucoup sont importées de pays lointains alors que nos plantes locales sont récoltées par les “paysans-herboristes” et ont les mêmes vertus. Mieux vaut donc s’adresser aux producteurs de plantes aromatiques et médicinales que d’acheter aux intermédiaires.

N’oublions pas la durabilité pour les plantes récoltées dans la nature. La disponibilité future d’ingrédients végétaux à l’appui de la santé humaine dépend de la priorité que nous accorderons à la conservation à long terme et à l’utilisation durable des espèces sources.

 

Des racines et des graines

On se soigne par les plantes, par voie interne ou externe. Plante séchée réduite en poudre, extraits obtenus par macération, d’alcoolat, de teinture, infusion, décoction… L’herboriste a tout un arsenal à sa disposition. On utilise aussi bien les plantes que les arbres.

Au Moyen Age, Hildegarde de Bingen recommendait particulièrement les bourgeons de huit arbres pour leurs vertus thérapeutiques : peuplier, pomme, tilleul, cassis, bouleau, frêne, églantier, châtaignier. Aujourd’hui, on parle de gemmothérapie.

Cette forme de phytothérapie utilise bourgeons, jeunes pousses et radicelles. Au printemps, le bourgeon gonfle et concentre toutes les substances actives du végétal. Récoltés au moment clé de leur cycle de développement naturel les bourgeons sont mis en macération dans un mélange d’eau-alcool-glycérine. Les extraits de bourgeons sont dépourvus des composés toxiques que l’on peut trouver dans certaines plantes, de ce fait ils présentent peu de danger pour l’organisme. Les laboratoires spécialisés proposent une jusqu’à 50 extraits de bourgeons.

Il faut savoir que les plantes médicinales appartenant au monopole pharmaceutique sont vendues en pharmacie d’officine. En revanche, les produits à base de plantes (alcoolatures, gélules, poudres …) sont commercialisés sous l’appellation de complément alimentaire.

 

La guérison a une odeur !

Les huiles essentielles arrivent à la rescousse.

L’aromathérapie a des bénéfices en application (mélange de 3 gouttes d’huile essentielle de lavande avec une cuillère à soupe d’huile végétale sur les poignets et le plexus solaire) et en diffusion (dans la chambre à coucher pour favoriser le sommeil).

Tout récemment, les huiles essentielles ont repris du galon avec la pandémie. En Europe, faute de trouver un traitement conventionnel, les centres hospitaliers proposent la rééducation olfactive après que de nombreux malades du Covid-19 ont été victimes d’anosmie – la perte de l’odorat prive des odeurs et des goûts de la vie, un handicap invisible mais psychologiquement difficile à vivre. Lorsque l’on souffre de perte d’odorat, l’objectif premier n’est pas de mettre des mots sur une odeur, mais de retrouver une détection sensorielle. Concrètement, il s’agit de respirer, matin et après-midi, pendant plusieurs mois, 4 odeurs différentes, dont la rose, l’eucalyptus, le clou de girofle et le citron, qui sont enfermées dans les tubes d’un kit d’odeurs de rééducation. Ces huiles essentielles que l’on dose à 2 % (20 gouttes dans 50 ml d’eau) sont à sentir à l’aveugle, 2 fois par jour et pendant 12 semaines. Le résultat dépend en grande partie de la sévérité du trouble. À ce jour, c’est le seul traitement disponible.

 

À retenir

  • L’usage approprié des plantes ne se substitue pas à un suivi médical
  • Choisir une huile 100% pure et naturelle (ni coupée, ni diluée)
  • Vérifier la liste et la provenance des ingrédients
  • Acheter bio (éviter les pesticides et engrais chimiques)
  • Se faire conseiller par un naturopathe / herboriste car les plantes peuvent être toxiques
  • Re-education olfactive https://abscent.org/smell-training

 

Hélène GuildHélène Guild

 

 

 

 

ABC des plantes pour rester Zen

  • Bien connue pour son action sur les troubles du rythme cardiaque, l’Aubépine est aussi utile pour traiter la nervosité, les petites angoisses, les sensations d’oppression et les troubles légers du sommeil.
  • La Camomille romaine a une action positive sur le système nerveux central, elle joue un rôle de sédatif et de calmant. Elle est donc tout indiquée pour lutter contre les petits problèmes de sommeil.
  • Le Coquelicot ou pavot de Californie, Eschscholtzia est couramment cultivée dans les jardins d’ornement pour ses couleurs chaudes orangées. Cette plante relaxante contribue à améliorer la qualité du sommeil. Il est à noter la présence d’alcaloïdes dans la partie aérienne fleurie de la plante.
  • Le Houblon est une plante grimpante. Ses inflorescences femelles sont utilisées depuis le Moyen-Âge pour aromatiser la bière. Ses cônes sont utilisés en phytothérapie pour leurs propriétés relaxantes.  Mélangé à la lavande, le houblon facilite l’endormissement
  • La Mélisse quant à elle est traditionnellement utilisée pour ses propriétés apaisantes sur le système nerveux et le système digestif. Ses petites feuilles gaufrées et dentelées dégagent une odeur citronnée lorsqu’elles sont froissées.
  • La Passiflore est considérée par l’Organisation mondiale de la santé comme « un sédatif léger efficace sur l’agitation nerveuse, les insomnies et l’anxiété. » Ses parties aériennes sont connues en phytothérapie pour aider à la relaxation.
  • Le Thé vert a réponse à tout: de la perte de poids à la tension artérielle. Il regorge d’antioxydants, de polyphénols et possède des propriétés relaxantes sans somnolence.
  • La fleur de Tilleul détend, calme et favorise l’arrivée du sommeil. Elle est également utilisée pour modérer courbatures et douleurs qui surviennent lors d’un refroidissement.
  • La Valériane est bien connue pour son efficacité pour les problèmes d’endormissements. Elle aussi améliore la qualité de sommeil et diminue l’anxiété.

 

Références

 

 

Livres

  • Alice Vincent, Rootbound, Rewilding a Life, Canongate ltd (janvier 2020)
  • Fabienne Millet, Le grand guide des Huiles Essentielles, Marabout
  • Valerie Ann Worwood, The Complete Book of Essential Oils and Aromatherapy, Revised and Expanded (2016)
  • Robin Harford, Edible and Medicinal Wild Plants of Britain and Ireland Independently published (2 Dec. 2019)
  • Rachel de Thample, Tonics & Teas: Traditional and modern remedies that make you feel amazing , Kyle Books (28 Sept. 2017)
  • Chelsea Physic Garden, Healing with Plants: The Chelsea Physic Garden Herbal  Aster (11 Feb. 2021)
  • Christophe de Hody, Les bienfaits des arbres : Reconnaître, récolter, cuisiner et se soigner E/P/A (2018)
  • Simon Singh & Edzard Ernst Trick or Treatment?: Bantam Press (21 April 2008)

 

plantes d’intérieur : chacun sa jungle

Le grand retour au vert ?