| Violaine-Patricia Galbert | Novembre 2020 |

 

Depuis février 2020,  le Covid-19 et ses conséquences nous ont obligés à modifier notre mode de pensée et d’action. L’incertitude est aujourd’hui la valeur qui remplace la stabilité. Comment s’habituer à ne plus jamais être certain de rien, à devoir sans cesse changer ses projets pour s’adapter au moment présent ?

L’imprévu, la surprise, les changements de dernière minute font désormais partie de notre quotidien. Voici une révolution psychique et organisationnelle à laquelle nous n’étions pas préparés. C’est une nouvelle manière de penser : tout peut basculer du jour au lendemain. L’erreur serait de vouloir vivre comme avant le Covid19. L’incertitude, cela s’apprend. Voici comment trouver de la sécurité dans l’insécurité.

 

adaptation à l'incertitude

 

Accepter l’inconnu, le changement

Ne plus rien savoir, même pour le lendemain, est un changement majeur. Résister à ce mouvement, ne pas vouloir changer, penser encore tout contrôler, s’apparente à du déni. La pandémie est bien là et notre vie quotidienne est affectée. Résister au changement ne sert donc à rien sauf à être en colère et à s’exposer au danger.

L’incertitude, c’est accepter que la maladie et la mort fassent désormais partie du quotidien même si l’on est en pleine forme. Le Covid19 nous rend fragiles, vulnérables physiquement et psychiquement. L’incertitude, c’est vivre les petits deuils successifs que sont les déceptions, les frustrations de devoir annuler ce que l’on avait prévu. Il n’y a rien d’autre à faire que de vivre l’impensable, la fermeture des commerces, les activités permises ou non, la fin de la liberté de circuler, de se réunir. C’est accepter de voir tous nos plans stoppés, mis entre parenthèses, remis à plus tard ou abandonnés.

S’adapter à l’incertitude, c’est vivre le changement des relations avec ses proches, ses amis : on ne peut plus se voir comme on le voudrait, on ne peut plus se toucher, s’embrasser, se témoigner de l’affection physiquement. S’adapter à l’incertitude consiste donc à accepter, à accompagner, à vivre sans résister le changement et surtout l’inconnu. Ce qui concrètement veut dire surfer sur la vague de l’incertitude, arrêter de subir et devenir acteur du changement. En effet, vous n’êtes pas complètement impuissant face à ce changement imposé et vous pouvez vous y préparer.

 

Gérer l’incertitude du futur

L’incertitude oblige à se préparer à des changements futurs qui ne sont pas encore arrivés. La conduite du changement repose sur l’idée que la certitude, même à 50 %, est aujourd’hui une illusion. Tout peut arriver, y compris ce que l’on n’a pas prévu. Aussi arrêter de faire des plans sur le futur et limiter ses projets dans le temps, au maximum un mois avant, est la manière de ne jamais oublier que tout est incertain. Concrètement, ne faites de réservation qu’avec la certitude que vous allez être remboursés. Assortissez tous vos engagements de conditions d’annulation ou de report. Avoir un futur projeté n’est malheureusement plus possible.

S’adapter à l’incertitude du futur, c’est toujours prévoir un plan B à toutes ses actions pour amortir au maximum le stress de la surprise et de l’inorganisation. Vous avez  prévu les vacances de la Toussaint chez vos parents en France, le plan B est de prévoir un voyage en Ecosse ou encore de rester à la maison avec des activités ludiques.

Autre manière de gérer l’incertitude du futur, c’est de se préparer à la situation la plus catastrophique que vous puissiez imaginer. C’est oser penser à ce qui pourrait se passer de pire et se le représenter. Ceci vous permet de chercher le plus de solutions possibles, d’anticiper pour pouvoir répondre à ce que vous redoutez le plus et tout cela constitue une tentative réussie d’apprivoiser l’inconnu. Par exemple, si vous avez peur d’un nouveau confinement, réfléchissez à comment vous organiser pour le vivre du mieux possible et commencez à mettre en place tout ce qui peut l’être avant.

Enfin gérer l’incertitude du futur, c’est libérer sa créativité pour inventer de nouvelles réponses à ces changements aléatoires mais obligatoires. C’est par exemple décider de déménager pour vivre à la campagne car le télétravail vous le permet.

 

S’adapter au temps présent

Vivez 24 heures à la fois car ces heures-là sont à peu près certaines. Vivez le moment présent,  profitez de tous les instants, de tous les petits bonheurs du jour de manière intense. Si cela se trouve, demain ce ne sera plus possible. Cela veut aussi dire de ne pas remettre à demain ce qui est possible aujourd’hui. Cela vous demande donc d’être souple et flexible pour vous adapter aux changements quasi-quotidiens que la situation sanitaire impose.

Profitez des « fenêtres » de temps ou de liberté retrouvée, des opportunités qui se présentent, comme par exemple partir en week-end en France lorsque la quatorzaine a été levée. Vous avez envie d’aller voir une expo, foncez si c’est possible aujourd’hui car pour demain vous ne savez pas.

C’est aussi accepter les mutations en cours, les transformations à long terme qui s’imposent dans la vie quotidienne. C’est l’arrivée massive de la numérisation dans notre société. Vidéoconférences, télétravail, achats à distance remplacent le contact physique direct. C’est s’adapter à la restriction des relations interpersonnelles qui empêchent de se retrouver à plusieurs, de s’embrasser, de se serrer la main.  C’est la fin des grandes réunions, de colloques, etc.

La traçabilité devient notre quotidien, plus question de décider de manière spontanée d’aller au restaurant, au musée sans réserver à l’avance ni sans laisser ses coordonnées. C’est le règne de l’utilisation de moyens numériques de surveillance de l’espace public. Aujourd’hui vous devez accepter de laisser des traces partout : on a besoin de savoir où vous êtes allés, ce que vous avez fait, qui vous avez fréquenté.

L’imprévu, la surprise, les changements de dernière minute sont désormais votre quotidien. Gérer l’incertitude, c’est développer cette nouvelle dynamique d’imprévu et faire preuve de nouvelles capacités. Il va falloir apprendre à changer de points de vue rapidement, prévoir à court terme mais aussi comprendre et accepter la situation, la vôtre et celle des autres. Les exigences que vous aviez par rapport à votre environnement ne sont plus de mise, et il va vous falloir accepter les retards, les absences, voire les impossibilités de votre entourage personnel et professionnel.

Accepter l’incertitude, c’est au fond revenir aux sources, à l’essence même de la vie humaine et accepter l’impermanence, l’impuissance. La tolérance, la patience, une moindre exigence de la perfection sont les nouvelles valeurs qui vous permettront de vous adapter à l’incertitude.

 

C’est la fin des plans, des projections dans l’avenir. Pour être heureux, il vous faut vivre l’instant présent, déguster tous les petits bonheurs même s’ils semblent insignifiants et faire des provisions de souvenirs heureux pour les temps de disette.

 

Violaine-Patricia Galbert
www.galbert-counselling.com

 

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