| Hélène Guild | Octobre 2019 |

 

Crédit photo : Matt Christie pour Rise

 

Le sommeil se prépare. Il ne suffit pas d’appuyer sur le bouton on/off. Nos modes de vie s’avèrent bien souvent inadaptés au respect de nos cycles naturels.

 

S’agit-il d’une épidémie ?

Un tiers de la population se plaint de ne pas bien dormir. Aujourd’hui, la science du sommeil est une discipline à part entière. Parmi les coupables nous avons la lumière bleue des écrans, la surinformation qui vient assaillir notre encéphale, nos rythmes de vie… Il y a une part héréditaire mais aussi une dimension culturelle dans la manière de gérer son sommeil. Les neurosciences dévoilent l’importance des fonctions cognitives gérées par notre cerveau. Les investissements en recherche et en développement d’applications sont la preuve que ce n’est pas juste un effet de mode. Le sommeil répond à une fonction vitale essentielle dans l’évolution humaine.

 

Sommeil réparateur

1 personne sur 3 est concernée par les troubles du sommeil. On est encore plus nombreux à être affectés par la diminution du temps de sommeil. Ce temps de récupération indispensable à la fois pour le corps et pour le cerveau. Il lutte contre le vieillissement et la réparation cellulaire. Il influence la santé, les risques d’accidents et réduit l’inflammation. Dormir permet au cerveau de nettoyer des déchets accumulés pendant la période de veille grâce à un système unique appelé “lymphatique”, hautement actif. Presque toutes les pathologies neuro-dégénératives sont liées à une accumulation de déchets cellulaires, soulignent les chercheurs. Pour les sportifs, la nuit est la phase de reconstitution, de coordination et de développement musculaire. Au risque de déplaire à S. Freud, le rêve ne serait qu’une activité liée au réveil : expression d’une réactivation brutale de la conscience au cours de laquelle cette dernière percevrait de manière désorganisée l’activité cérébrale inconsciente qui a eu lieu au cours de la nuit.

 

Une nouvelle norme ?

Il faut savoir que le temps de sommeil normal pour un adulte se situe entre 7 et 8 heures. Pour un athlète comme Federer par exemple, il est de 9 à 10 heures !

En dormant en moyenne 1h30 de moins qu’il y a 50 ans, nos nuits de 5 à 6 heures sont hélas la nouvelle norme. Une bonne nuit se déroule sur 3 ou 5 cycles de 90 mn et chaque cycle est constitué d’une alternance de sommeil lent et de sommeil paradoxal. Au cours de la vie nos nuits évoluent : le sommeil lent est plus profond durant la croissance, jusqu’à 20 ans environ. Avec l’âge, celui-ci devient minoritaire et laisse la place à un sommeil lent plus léger. Nous jonglons alors avec les difficultés d’endormissement, les réveils nocturnes et la sensation de sommeil non-récupérateur.

 

La technologie vient à la rescousse

Le portable devient un allié pour retrouver notre sommeil : d’une part avec les fonctionnalités Night Shift ou Twilight pour réduire cette lumière bleue, d’autre part avec les applications qui captent les données passives de votre nuit.

 

Rise, une appli en anglais, validée par un protocole médical est le fruit de 7 ans de recherches pour personnaliser votre sommeil. Le rythme circadien est propre à chacun : avec une rythmicité proche de 24 heures, il varie en réalité de quelques dizaines de minutes d’un individu à l’autre. Xavier Louis (CEO de PEAK- brain training) explique qu’il s’agit « d’évaluer son profil de dormeur, d’utiliser quatre types de thérapies digitales au long de la journée et de pouvoir parler de son sommeil ». À vous d’essayer la méditation, la relaxation musculaire progressive, l’imagerie mentale guidée, l’acceptation & engagement, les ACT (thérapies cognitivo-comportementales).

 

Il ne suffit pas d’être fatigué

L’hygiène de vie, les consommations, l’environnement immédiat (lumière, bruit, etc.) peuvent influencer la capacité d’un individu à s’endormir. L’obscurité de la chambre, un chauffage baissé à 16 ou 18 degrés maximum et un exercice physique pendant la journée (en particulier en plein air), voilà de quoi garantir un meilleur endormissement. La privation de sommeil augmente l’appétit et se traduit par un risque de prise de poids. Pour mieux dormir et éviter le reflux gastro-oesophagien, on dîne plus tôt, on réduit le gras, le sel, les épices, on ralentit sur les sodas, le thé, le café et le chocolat. En théorie vous prendrez votre dernier café à 13h.

 

Hélène Guild

 


 

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