| Juliette Lefevre, 18 ans, Prix du jeune journaliste 2020 | Mai 2020 |

 

Le pouvoir du pouvoir d'achat à relativiser

 

“Vous volez leur avenir sous leurs yeux” a martelé Greta Thunberg lors de la COP24 pour dénoncer les conséquences dramatiques que subiront les futures générations à cause de la négligence des politiciens face à la crise climatique. Des personnalités publiques s’engagent pour cette lutte, comme Leonardo Di Caprio qui est devenu le Messager de la Paix sur la question des changements climatiques et a participé à un documentaire Netflix pour sensibiliser son public, ou bien le groupe britannique Coldplay qui a repoussé sa tournée afin de trouver des alternatives plus « vertes ». Bien que les manifestations pour l’environnement n’aient jamais rassemblé autant de monde au Royaume-Uni en 2019, entre 300 000 et 350 000 personnes, les politiciens peinent à prendre des mesures concrètes. Alors, comment préserver la planète, ou même mieux, la réparer, à son échelle ? Une des réponses se trouve dans notre assiette.

 

De plus en plus d’initiatives ‘vegan-friendly’

Toute la chaîne alimentaire mondiale compte pour un tiers des émissions de CO2.   Selon la très sérieuse étude d’Oxford Martin School relayée par Hugo Clément dans son livre Comment j’ai arrêté de manger des animaux, les émissions de gaz à effet de serre liées à notre alimentation dégringoleraient de 60% si toute l’humanité devenait végétarienne d’ici 2050. Les options ‘végétariennes’ ou ‘vegan’ semblent se multiplier, et ce, quel que soit le prestige du restaurant. La chaîne de restauration rapide Subway a même misé une partie conséquente de sa campagne publicitaire sur son nouveau burger végétarien ‘Beyond Meat’ à Londres.

Plus impressionnant encore, la mise en place du challenge ‘Veganuary’ – devenir vegan le temps du mois de janvier- au Royaume-Uni a été un franc succès, avec plus de 400 000 personnes inscrites, ce qui aurait permis de sauver plus d’un million d’animaux et d’éviter l’émission de l’équivalent de 450 000 vols en CO2. Les organisateurs de ce défi encouragent les participants à poster des photos et conseils sur les réseaux sociaux. Ainsi, selon l’enseignante à l’Université de Klagenfurt, Alexa Weik Von Mossner, ce défi permet de se sentir intégré à une communauté. Ce sentiment d’appartenance peut être d’autant plus fort dans ce monde globalisé, où nous ne connaissons plus réellement nos propres voisins.

 

Responsabilité individuelle pour un bienfait collectif ?

Les initiatives individuelles afin d’adopter un mode de vie « éco-friendly » semblent se multiplier. Mais, ont-elles un réel impact sur la planète ? Laura, étudiante en développement durable dans une université britannique, considère que « les consommateurs font une petite différence » mais est convaincue qu’il y aura une réelle différence lorsque « les gouvernements et les entreprises changeront ». En étant plus informée sur les dangers du réchauffement climatique, elle a elle-même changé sa façon de consommer. Elle est devenue flexitarienne, c’est-à-dire que son alimentation est principalement végétarienne mais qu’elle mange occasionnellement de la viande.

La climatologue Valentine Python affirme que l’urgence climatique nécessite de grandes transitions dans nos méthodes de production, de consommation et de notre système économique et financier. Cette transition va au-delà de notre pouvoir individuel. Ce sont les états qui en portent la responsabilité.

 

Etre éco-friendly, une affaire de riche ?

De nouvelles initiatives, économiques et écologiques, se mettent en place pour ne laisser personne de côté dans cette lutte contre le réchauffement climatique. L’enseigne de supermarchés britannique Tesco, connue pour casser constamment les prix, a mis en place un rayon spécial pour lutter contre le gaspillage alimentaire. L’enseigne propose des promotions extrêmement intéressantes sur des produits se périmant le jour même, permettant aux consommateurs avec un petit budget de faire également un geste pour la planète. Mais, les plus modestes n’ont pas toujours les moyens d’entreprendre une vie complètement éco-responsable.

Elise, étudiante à Londres, explique qu’il est plus facile pour une personne aisée, vivant en centre-ville d’aller travailler en vélo, ce qui n’est pas tâche facile lorsque l’on vit en périphérie. Elle ajoute également que les plus privilégiés ont peut-être « moins de problèmes et donc plus de facilité à penser à leur manière de vivre ».

 

Le pouvoir du consommateur sur les entreprises et les gouvernements peut être considérable. Ce « pouvoir » du pouvoir d’achat peut exercer une forme de pression sur ces derniers. Mais il convient que, pour répondre à cette urgence climatique, des décisions nationales, voire supranationales devraient être prises.

 

Juliette Lefevre

 

Les résultats du concours du Jeune Journaliste 2020 de L’ECHO Magazine

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