| Cécile Masek | Mai 2021 |

 

classements des universités

 

Un peu d’histoire et de mise en contexte 

C’est en 2003 qu’apparurent les premiers classements des universités au niveau mondial. Les plus connus sont le QS World University & Business school ranking, le sclassement dit de Shanghaï et le classement du Times Higher Education (THE) qui se targue d’être le classement le plus complet avec plus de 1500 universités évaluées dans 93 pays ou régions. Publiés une fois par an, les classements font l’objet de toute l’attention des futurs étudiants, des médias, des gouvernements et évidemment des universités elles-mêmes.

Devenus des références incontournables dans un marché des études supérieures toujours plus compétitif et mondialisé, ils sont des outils certes utiles notamment comme point de départ des recherches à mener mais ils doivent être abordés avec précaution et discernement.

 

De l’importances des critères de classement utilisés et de leur poids dans le classement mondial

Il convient en effet de prendre en compte les critères de classement utilisés ainsi que leur poids dans la note finale. Si l’on s’en tient au classement général et en ce qui concerne le Times Higher Education, les critères pris en compte sont : l’enseignement au sens large, la recherche, les publications, la part de l’international et la relation entre innovation et industrie.

Ces critères sont repris pour la plupart par le classement du QS mais avec des pondérations différentes.

Du fait de ces références, en parfaite cohérence avec le paysage des universités anglo-saxonnes, il n’est pas étonnant que celles-ci prédominent dans les classements internationaux. Cela n’a pas échappé aux universités françaises dont on observe la récente émergence dans les classements internationaux grâce notamment aux regroupements d’universités comme Paris-Saclay, Paris Sciences et Lettres (PSL) classées dans les 50 premières universités dans le classement de Shangaï de 2020 ou encore Sciences Po classé deuxième université mondiale en Sciences Politiques et relations internationales du classement QS, la même année. Vigilance donc car si une université n’apparaît pas dans le classement mondial, cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’est pas digne d’intérêt.

Si le classement général des meilleures universités au monde peut être un indicateur utile, c’est surtout le classement par discipline sur lequel il faut se concentrer. Dès l’instant où le futur étudiant a choisi sa discipline, c’est le critère incontournable à retenir et cela vaut également pour les classements d’universités au sein du Royaume-Uni.

 

Le Royaume-Uni, un pays rompu à l’exercice des rankings

Largement plébiscités, les classements des universités britanniques, permettent de se faire une idée de la qualité des universités mais, comme précédemment, les critères de notation jouent un rôle non négligeable.

Que ce soit le classement du Guardian qui tend à privilégier la satisfaction des étudiants en comparaison avec celui du Times Higher Education ou du Complete University Guide, tous utilisent des sources de données publiques mais les critères sont pondérés différemment. Sélectivité des études, le nombre de mentions, le pourcentage d’abandon au cours des études, taux d’insertion en fin de cycle ou encore pourcentage d’étudiants internationaux, sont autant de paramètres pour permettre au futur étudiant de sélectionner les universités susceptibles de retenir son attention.

Et comme les critères classiques ne suffisent plus pour faire un choix, d’autres approches, se font jour, plus en phase avec la préoccupation des nouvelles générations comme le Impact Ranking du THE en lien avec les objectifs de développement durable des Nations Unies. En résumé, savoir quelle est la meilleure université n’a pas d’utilité en soi. En revanche, cela doit permettre de se poser les bonnes questions comme : quelle est la meilleure université pour moi ? quels sont les critères qui vont me permettre de décider la meilleure option pour asseoir ma réussite future ? Sans compter qu’étudier au Royaume-Uni a un coût significatif ce qui rend ces recherches d’autant plus nécessaires pour rentabiliser son investissement dans les études supérieures.

 

Et en France ?

Du fait de la diversité du paysage de l’enseignement supérieur (tous les enseignements ne passent pas par l’université), les classements se multiplient et font l’objet de parutions régulières dans la presse. Le site le plus complet est celui de l’Étudiant sur lequel on peut trouver le classement des écoles dans de nombreux domaines tels que les écoles de commerce, les écoles d’ingénieur, les prépas, les écoles d’art et bien d’autres encore. Malheureusement, le classement des universités publiques est absent et il s’explique en partie parce que l’entrée à l’université n’est pas sélective en France. On peut toutefois se référer aux études publiées par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche sur le « Parcours et la réussite en licence », dernière parution en octobre 2020, Note Flash n°22.

En ce qui concerne les écoles de commerce, on retiendra le classement du Figaro et de Challenges parmi d’autres. Particulièrement utiles pour comparer les cursus, ils mettent en exergue les différentes filières (Écoles post-bac, Bachelor, Bachelor in Business Administration (BBA) et cursus grandes écoles) ainsi que les informations importantes à considérer. Accréditation, coût, concours d’accès, classement dans le Financial Times, salaire d’embauche, nombre de boursiers, stages à l’étranger sont de précieux renseignements qui permettent de gagner du temps pour comprendre l’univers des écoles de commerce. L’Étudiant propose même de créer un classement personnalisé en fonction de son profil. Un bon moyen de se poser les bonnes questions et de mettre le doigt sur ce qui est vraiment important pour soi. Même bénéfice pour les classements des écoles d’ingénieur. On peut citer en particulier, le classement de l’Usine Nouvelle qui fait référence en la matière depuis de nombreuses années.

Autre classement phare, celui des prépas (CPGE), permet de découvrir les différentes filières et écoles ainsi que leurs débouchés. Pour les excellents élèves visant les meilleures écoles, ils permettent d’avoir des informations concrètes sur les écoles intégrées en fin de prépa mais attention toutefois, les chiffres bruts ne sont pas toujours parlants et la part des élèves qui redoublent leur deuxième année dans une promotion peuvent parfois biaiser les statistiques. Ne pas oublier également que les meilleures prépas vont recruter les meilleurs bacheliers. Comme pour les autres classements, celui des CPGE ne doit pas être une fin en soi ni le seul critère de décision. En effet, réussir en prépa va au-delà de la performance de l’établissement.

Pour conclure, les classements sont des outils qui permettent de gagner du temps quand on commence sa recherche pour envisager des études supérieures. Il faut toutefois bien en comprendre la méthodologie et les considérer comme un simple indicateur permettant une meilleure visibilité des études supérieures. Ils permettent d’affiner et de définir quels sont les critères importants pour soi et de se positionner en fonction de son niveau académique pour ajuster ses candidatures. Néanmoins, ils ne dispensent pas d’une vraie démarche d’orientation au risque de faire fausse route.

 

Cécile Masek
Conseil et bilan d’orientation
clespourdemain@gmail.com

 

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