Francine Joyce | Décembre 2018 |

 

La thyroïde est une toute petite glande en forme de papillon située à la base du cou.

Une glande poids plume qui pèse lourd dans le fonctionnement du corps ! Le 25 mai, le monde entier célèbre la journée de la thyroïde ! Tous les organes n’ont pas droit à de tels égards ! Mon foie va surement être jaloux de l’honneur porté à cette minuscule partie du corps à la base du cou. Ne vous fiez pas à sa légèreté, cette petite glande en forme de papillon de 30g maximum régule comme un puissant chef d’orchestre toutes les activités métaboliques du corps. L’Echo fait le point avec le Dr Rajeswaran, consultant endocrinologue à London Obesity Clinic et spécialiste des dérèglements thyroïdiens (surpoids, ovaires polycystiques, diabète, infertilité …)

La thyroïde est une glande « à tout faire » primordiale dès l’enfance pour le développement de la croissance et du système nerveux ! À l’âge adulte, elle a le pouvoir d’affecter le quotidien de ses victimes ! De les transformer en bombes ou en épaves ! Si elle est hyper active et produit des hormones en excès, elle va accélérer le fonctionnement de tout le corps, ce qui va déclencher une tempête de symptômes : palpitations, hyperactivité, hypertranspiration, perte de poids sans régime, accélération du transit, hyperthermie, tremblements, irritabilité, perturbation du sommeil, et sensation d’être « sur les nerfs ». Si au contraire elle fonctionne au ralenti, vous allez prendre du poids (oedème) sans faire d’écart, être constipé, frileux, déprimé, constamment fatigué, perdre vos cheveux, avoir des trous de mémoire et une lenteur d’idéation, un rythme cardiaque ralenti (bradichardie), un cycle menstruel irrégulier et la peau qui tire …

 

Pourquoi un bilan systématique est-il essentiel à partir de 50 ans ?

Parce que les symptômes sont discrets au départ. Ils sont difficiles à reconnaître car ils peuvent être causés par un grand nombre d’autres pathologies. Ils sont bien souvent similaires à ceux causés par la ménopause. Ils n’incitent donc pas forcément à consulter un endocrinologue et la maladie peut longtemps passer inaperçue. C’est la constellation de ces signes qui va alerter le spécialiste. Le diagnostic se fait d’abord par une palpation du cou pour déceler d’éventuels nodules ou un goitre – augmentation de la taille de la glande. Des tests sanguins permettent ensuite de déceler des anomalies de production des taux d’hormones (principalement, TSH, T3 et T4).

 

Quelles sont les causes ou les prédispositions au dysfonctionnement thyroïdien ?

Chez les femmes se sont souvent des réactions d’inflammation, souvent après une grossesse. À cela, il faut ajouter le stress, la ménopause, une mauvaise alimentation, une déficience en vitamine B12, les perturbateurs endocriniens et le pire ennemi de la thyroïde : le tabac.

 

Quels sont les traitements actuellement disponibles et quels en sont les risques ?

Lorsque le diagnostic est confirmé, le traitement est à vie. La maladie thyrodienne ne se guérit pas. Un traitement médicamenteux à base de thyroxine associé à une alimentation riche en iode (produits de la mer) permet aux patients souffrant d’hypothyroidie de retrouver une vie normale dès que la dose est ajustée. Mais attention ! La cause du dérèglement hormonal peut être autre, liée à un mauvais fonctionnement de l’hypothalamus ou de la glande pituitaire. Dans ce cas, la thyroxine ne sera pas efficace. A l’inverse, un patient peut avoir des taux de TSH normaux et souffrir de tous les symptômes d’une hypo ou d’une hyper-thryroïdie. Des tests supplémentaires sont alors nécessaires et devront être interprétés par un spécialiste. Le recours à la chirurgie est possible si un nodule même bénin devient trop volumineux. L’ablation totale de la glande n’est envisagée qu’en cas de cancer et avec beaucoup de succès.

 

Francine Joyce

Pour en savoir plus :
hello@simplyweight.co.uk
www.thelondonobesityclinic.com
Tel : 020 8904 41819