| Propos recueillis par Cécile Faure | Décembre 2020 |

 

Cet été, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance d’un jeune homme audacieux, Marceau Ferri, au parcours un tantinet atypique, et ai réussi à le convaincre de prendre le temps de répondre à trois petites questions avant que son « ordre du jour » ne l’emmène vers des contrées lointaines…

 

Marceau Ferri

 

Marceau, ancien élève du Lycée International Winston Churchill (promotion juin 2019), vous avez un parcours atypique puisque vous êtes venu seul à Londres pour passer votre diplôme de Baccalauréat. Pourriez-vous nous expliquer les motivations de cette décision courageuse ? Quelles ont été les difficultés rencontrées ? Si c’était à refaire, quels conseils donneriez vous au jeune homme de l’époque ?

En milieu de 3ème, j’ai eu l’envie de changer un peu d’air. J’avais vécu 15 ans dans le sud de la France et avais l’envie de mieux parler l’anglais. J’ai donc commencé à chercher un séjour à l’étranger d’un an, mais tous les programmes proposaient une année sabbatique et je n’avais pas du tout envie de « perdre » un an de scolarité.

Avec mes parents, qui soutenaient mon idée, nous avons pensé aux lycées français à l’étranger. J’ai choisi le Royaume-Uni et ai intégré LIL (Lycée International Winston Churchill).

J’étais parti originellement pour un an, mais cette année m’a tellement plu que j’ai prolongé une fois, puis deux.

J’ai effectué mes six premiers mois dans une famille d’accueil car cela rassurait mes parents, mais j’avais envie de plus de liberté. J’ai donc commencé ma première collocation dans le nord-ouest de Londres (West Hampstead) au milieu de l’année de seconde. Et j’ai été ravi malgré des responsabilités accrues. J’ai ensuite trouvé un endroit qui me convenait mieux pour son cadre de vie: le sud de Londres, plus particulièrement Canary Wharf. J’y ai passé un peu plus d’un an et demi, avec des colocataires plus âgés, mais très protecteurs.

Honnêtement, je n’ai pas vraiment de conseils que j’aurais voulu donner au « moi du passé ». J’ai toujours suivi mes projets et envies, et mes parents m’ont toujours accompagné et soutenu, ayant confiance en ma maturité et mes choix qu’ils jugeaient raisonnés.

 

Le Baccalauréat en poche, les kilomètres entre votre belle ville d’origine, Nîmes, et vous se sont allongés puisque vous poursuivez vos études au Québec. Vous avez choisi l’université McGill, et plus particulièrement la filière management en entrant à Desautels. Quels sont les enseignements tirés de ce choix, de cette première année, un peu spéciale puisqu’affectée par la pandémie du Covid ?

Ma première année à McGill a été quasiment parfaite, entachée par le COVID-19 qui nous a forcés rentrer prématurément en France, mais la majeure partie de l’année a été géniale. La possibilité que McGill offre de choisir ses cours de A à Z permet vraiment de trouver ce qu’il nous plait d’étudier. Aussi, le fait que Montréal soit une ville à « taille humaine » change de Londres, dans le sens où la grande majorité des trajets peuvent être effectués à pied. Le fait que le campus de McGill soit très grand et dispersé aide aussi à ne jamais être loin d’un lieu que l’on veut rejoindre. Malgré la quantité impressionnante de travail demandée, la vie étudiante et sociale est très bien développée, avec beaucoup de restaurants, bars et boites de nuits près du campus et des résidences.

 

Au regard des décisions prises ces dernières années, il semble que l’esprit d’entreprise vous habite. En témoigne aussi ce projet dans lequel vous vous êtes lancé. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Comment arrivez-vous à mener tout de front, vos études sur le continent nord américain et la gestion des divers postes d’une PME ?

En rentrant (précipitamment) en France durant le pic de l’épidémie, vers fin mars 2020, il me restait environ deux semaines de cours suivies de deux semaines d’examen. Suite à ça, un ami, Axel Broche, et moi souhaitions passer le temps, car le confinement s’annonçait long. Nous avons donc décidé de créer une marque de vêtements, l’idée nous trottant dans la tête depuis un moment. En se basant sur les discussions liées au corona virus, un point ressortait souvent : la relocalisation des entreprises françaises. Nous avons choisi de proposer des accessoires simples et « basiques » mais brodés en France, à Nîmes, par deux amies. La marque Talpa propose donc des tee-shirts, casquettes, sweat-shirts et joggings décorés d’un logo brodé à la main. Le projet a assez vite séduit les nîmois, avec plus de cents articles vendus en deux mois.

Je suis de retour au Canada depuis le 1er septembre et les cours viennent de reprendre. Axel est désormais à Toulouse, Lucie Touzeau (qui s’occupe de la partie artistique et marketing) commence également ses études à Montpellier, et Zoé Penloup, qui commence la fac cette année, ne va plus pouvoir assurer le partie broderie. Nous avons donc contacté une entreprise nîmoise de broderie pour la réalisation. Parallèlement, nous avons établi un partenariat avec Le Questel, restaurant du centre-ville de Nîmes, où tous les serveurs seront habillés d’un polo personnalisé, et ce pour la feria de septembre 2020, ce qui représente le plus gros événement de l’année de la ville. La gestion de Talpa est donc à présent assurée à 100% !

 

Propos recueillis par Cécile Faure