| Cécile Faure | Janvier 2020 |

 

Michel Lejoyeux

Michel Lejoyeux

 

Michel Lejoyeux est professeur à l’université Paris-Diderot (Paris 7), et dirige les services de psychiatrie et d’addictologie des hôpitaux Bichat et Maison Blanche. Président de la Société Française d’Alcoologie, il est spécialiste des comportements addictifs, et l’auteur de nombreux ouvrages scientifiques et de vulgarisation.

 

Le dernier en date, Les 4 temps de la renaissance – Le stress post-traumatique n’est pas une fatalité, publié en octobre aux éditions JCLattès, lui a valu d’être invité au micro de France Inter dans le cadre d’une émission consacrée au stress et à la croissance post-traumatique (3 novembre).

 

Le stress post-traumatique est induit par un traumatisme physique ou psychique soudain vécu ou observé par un individu (agression physique, attentat, catastrophe naturelle, mort violente, etc.). On parle d’État de Stress Post Traumatique (ESPT) lorsque le sentiment de stress intense perdure au-delà d’une période (en général d’un mois), impacte l’individu dans de nombreux aspects de sa vie et se révèle par des troubles – du sommeil à ceux de l’anxiété, de l’agressivité à la dépression, de la somatisation à la maladie avérée, de la relation à autrui au positionnement social, etc. – qui l’empêchent de vivre normalement.

En 2019, on estimait que le stress post-traumatique touchait près de 6% de la population en France. Une pandémie plus tard, caractérisée par un invisible meurtrier et des impératifs aux conséquences économiques et sociales dévastatrices, quels peuvent bien en être les chiffres ?  Santé-Publique-France [www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/stress-post-traumatique] comme pour les attentats de 2015, a lancé une étude sur l’impact de la Covid-19 pendant et après le(s) confinement(s)…

 

En attendant de fêter la fin de cette épidémie mondiale et d’en appréhender l’entièreté des conséquences, l’ouvrage du Professeur au nom prédestiné, nous propose, dans le cadre d’un stress induit par la Covid-19 ou tout autre traumatisme, de réapprendre à « conjuguer » nos émotions et nos comportements au quatre temps qui nous font du bien :

  • Passé : prendre le temps de relire et récrire son passé, revisiter celui de l’absurde et accepter celui de la nostalgie positive
  • Présent : s’octroyer le droit de ne pas être toujours dans l’instant, distinguer les sensations des émotions et des humeurs, repousser ce qui n’est pas intrinsèquement positif, et accepter de se faire du bien
  • Futur : évaluer sa tolérance à l’incertitude et son appétence pour le risque, différencier la trompeuse urgence du court terme et le bien fondé d’une projection à long terme, privilégier l’optimisme réfléchi
  • Gérondif : apprendre à prendre le temps de se connaître, d’apprécier ce moi qui nous est propre, et solliciter les trois gérondifs salvateurs (en s’amusant, en s’informant, en aidant) identifiés par les psychiatres et psychologues de King’s College

 

et de bannir ceux possiblement délétères :

  • Conditionnel : lorsque le « et si on disait que… » de l’enfance qui rêve se transforme en « et si ce n’était pas… » de l’adulte qui doute
  • Impératif : d’une contrainte extérieure à la culpabilité associée à des objectifs et défis que l’on s’impose

 

Il s’agit de re-trouver les clefs de portes qui s’ouvrent sur de nouvelles perspectives, un renouveau, celui de la résilience si l’on revient à l’état d’avant le traumatisme, celui de la croissance post-traumatique si l’on transcende l’état d’avant le traumatisme et que l’on atteint un mieux-être, supérieur en fait. Michel Lejoyeux nous propose ici, dans un ouvrage mélangeant références scientifiques bien documentées et exemple pratiques, quelques outils pour en desceller les gongs.

 

Cécile Faure

 

Les 4 temps de la renaissance

 

Violaine-Patricia Galbert : Vivre avec une victime d’attentat, le traumatisme des proches

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