| Cécile Faure | Conférence de Presse du 7 mars 2019 |

A l’occasion de sa venue à Londres dans le cadre du tout premier sommet des maires, Nathalie Loiseau, Ministre aux Affaires Européennes, donnait une conférence de presse et répondait aux questions des journalistes, avant de retrouver quelques représentants de la communauté française lors d’un cocktail organisé par Jean-Pierre Jouyet, ambassadeur de France au Royaume-Uni, dans les salons de la Résidence de France.

Nathalie Loiseau, Ministre aux affaires européennes, avec Guillaume Bazard, Consul de France, et Jean-Pierre Jouyet, ambassadeur de France

Nathalie Loiseau revient tout d’abord sur ce tout premier sommet des maires français et britanniques ayant pour objet le renforcement des partenariats et jumelages qui existent entre nos villes et villages des deux côtés de la Manche, et sur l’importance de ce nouveau souffle dans un contexte de sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne : il s’agit d’encourager l’essor d’accords et de bonnes pratiques face notamment aux enjeux de développement durable, de mobilité et d’accessibilité au numérique.

Nathalie Loiseau a choisi cette occasion pour également faire quelques rencontres et s’enquérir de l’état d’esprit des politiques britanniques à la veille de nouveaux débats et votes au Parlement, et à vingt jours de la date de sortie de l’Union Européenne.

Conférence de presse de Nathalie Oiseau auprès de médias français avec Jean-Pierre Jouyet, ambassadeur de France

« Une porte doit être ouverte, une porte doit être fermée… il faut simplement choisir comment sortir »

Nathalie Loiseau énonce clairement la position de la France et de l’Union Européenne, en rappelant et insistant notamment sur le fait que le mandat de Michel Barnier n’a pas changé et que les 27 membres de l’Union Européenne, quelques soient leurs différents par ailleurs, font tous front d’un seul commun accord dans le cadre des accords du Brexit.

  • Les accords du Brexit sont aujourd’hui les meilleurs possibles et ne sont aucunement renégociables. Seules de possibles clarifications sont envisageables ;
  • Il est aujourd’hui crucial, à 20 jours de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, que les parlementaires britanniques parviennent enfin à un accord entre eux et fassent un choix sur les modalités de cette sortie, i.e. Deal ou No deal ;
  • Ce choix est celui du Royaume-Uni et non de l’Union Européenne. L’Union Européenne est prête dans les deux cas ;
  • Ce choix est d’autant plus important qu’il pourrait enfin permettre de passer au véritable travail, qui est celui de l’après Brexit, afin de pouvoir avancer sur de possibles négociations et accords entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni qui reste un pays européen par sa position géographique et les liens étroits qui nous unissent depuis toujours.

L’Union Européenne est forte de sa capacité à avancer sur des sujets importants, preuve en est l’avancée sur les projets de l’Europe de la défense, de l’Europe sociale (réforme du statut des travailleurs), des négociations sur le budget de la zone euro, etc.

  • La question d’un Report n’a pas de sens. A quoi cela servirait-il ?

Les accords négociés du Brexit, notamment concernant le statut des citoyens expatriés et des montants à reverser par le Royaume-Uni, l’étaient en date de décembre 2017.

L’année 2018 toute entière a été consacrée à discuter la situation de la frontière avec l’Irelande. Et les britanniques semblent aujourd’hui concentrer tous leurs efforts sur une situation – le backstop – que personne ne souhaite et qui, s’il devait arriver, ne pourrait être pérenne.

L’Union Européenne ne souhaite pas plus que le Royaume Uni se retrouver « coincer » dans une situation dangereuse. Pour preuve en est qu’elle soutient plus que jamais les Accords du Vendredi Saint.

La paix en Irelande du Nord est trop précieuse pour y porter atteinte.

Il serait donc bon que les parlementaires britanniques facent enfin preuve de lucidité, cessent de parler de « filet de sécurité » et de se focaliser sur cet aspect du Brexit qui n’est envisageable par aucune des parties, et prennent enfin une décision.

C’est l’absence de décision qui pénalise tout le monde.

  • La question de la paix en l’Irelande du Nord n’est pas la seule liée au principe de Backstop. Il faut comprendre et entendre que L’Union Européenne doit donner priorité à la protection du marché unique. Il est hors de question que la décision du Royaume Uni mette en danger l’unité économique de l’Union Européenne. L’impact serait aussi négatif pour les britanniques. C’est donc un risque que personne ne souhaite prendre des deux côtés.

Mais tout sera mis en œuvre pour protéger l’intégrité de l’Union Européenne.

  • La France et l’ensemble des membres de l’Union Européenne restent déterminés à protéger les droits de leurs ressortissants et de leurs entreprises. Priorité leur sera donnée.

Les autorités françaises sont prêtes à accueillir leurs concitoyens qui choisiraient ou seraient contraints à l’impatriation à l’issue du 29 mars prochain, et à les accompagner dans leurs démarches administratives et de scolarisation des enfants.

Important de noter que pour le moment, rien ne change en ce qui concerne l’utilisation de documents pour voyager entre le Royaume-Uni et le reste de l’Union. Passeports ET cartes d’identité sont valides jusqu’au 30 décembre 2020 même en cas de Nodeal. C’était l’objet des accords signés en 2017. De même en ce qui concerne le permis de conduire français au Royaume-Uni. Il faut arrêter de donner voix aux rumeurs. La meilleure source d’information est le site de votre consulat et celui mis en place par l’administration française www.brexit.gouv.fr/sites/brexit

L’accord de siège concernant l’Autorité bancaire européenne a été signé ce 6 mars. La France se réjouit d’accueillir l’institution européenne. Il faut noter que le passeport financier disparaît, le 30 mars 2019 en cas de Nodeal ou le 30 décembre 2020 en cas de Deal. Ceci aura un impact non négligeable sur la sphère financière.

www.jp.ambafrance.org/Signature-de-l-accord-de-siege-de-l-Autorite-bancaire-europeenne

  • Mais plus les relations entre l’Union Européenne et le Royaume Uni, à l’issue de sa sortie, seront étroites et plus nous en serons ravis.