| Cécile Paszkiewicz | Septembre 2020 |

 

James Hart Dyke, Evening, Burnham Overy Staithe, oil on gesso on board, 43 x 61cm

James Hart Dyke, Evening, Burnham Overy Staithe, oil on gesso on board, 43 x 61cm

Voyages royaux

Le Prince Charles, connaisseur et artiste lui-même, a choisi dès 1998 James Hart Dyke pour suivre quatre de ses voyages officiels à travers le monde. Le futur Roi avait repéré ce talent dans les années 1990 lorsqu’il était encore étudiant. Sa technique, précise et fluide, était particulièrement adaptée pour ces voyages au rythme soutenu et permettait de capturer à la volée quelques scènes choisies. À la suite de ces voyages au Sri Lanka, au Népal et au Bhoutan, James Hart Dyke est reparti à plusieurs reprises pour peindre l’Himalaya. Lors d’un autre voyage officiel au Moyen-Orient, Hart Dyke a produit de splendides peintures du désert qui ont été exposées avec des œuvres du Prince Charles et celles du Prince Khalid Al-Faisal Al-Saud en 2000. L’exposition « Royal tours » a été présentée à la Galerie John Mitchell Fine Paintings en 2007.

 

MI6

Rien ne laissait présager l’impact de l’exposition sur le MI6 en 2011. James a vécu un an au cœur du MI6, captant de ses huiles et aquarelles, le mystère et le caractère de cette institution. Aucun photographe auparavant n’avait pu capter l’esprit des services secrets de la Couronne de cette manière. « Waiting in the hotel room », l’œuvre phare de cette exposition, a été utilisée pour la campagne de recrutement des fameux espions. Cette peinture a d’ailleurs été montrée à une conférence au Metropolitan Museum à New York. Les producteurs des films de James Bond ont commandé à Hart Dyke une oeuvre pour l’affiche officielle des cinquante ans du célèbre agent secret. Le Queen’s Club lui commande également une œuvre que l’on peut voir dans Skyfall.

 

Paysages de villes et de campagnes

À huit ans, James a été touché par une petite étude à l’huile de John Constable qui reste aujourd’hui sa référence. Il est, aujourd’hui encore, très attaché à la peinture de paysage. Il expose en 2012 ceux du Dorset, du Buckinghamshire et d’Ecosse. Ses fidèles admirateurs des débuts ont craint que l’épisode du MI6 ne le détourne durablement du paysage et des vues de Londres. Hart Dyke a étudié l’architecture au Royal College of Art, avant de choisir la peinture à l’Université de Manchester et au City & Guilds of London Art School. Ayant peint de nombreuses résidences, un tycoon d’origine anglaise lui commande des peintures de ses propriétés à Pékin et à Hong Kong. Sam Swire avait accepté que le peintre puisse réaliser une série d’études à cette occasion, qui lui ont permis de concevoir l’exposition de 2012 : « Hong Kong – Beijing ».

Edward Whymper (1840 – 1911) fut le premier à atteindre le glacier Matterhorn dans les Alpes. Cent cinquante ans plus tard, James Hart Dyke revient sur les pas de ce montagnard peintre qui passa un mois en 1865 entre les Grandes Jorasses et l’Aiguille Verte avec son équipe de guides.  Il expose de magnifiques paysages de la région du Mont Blanc en 2015.

Retour à Londres, vues urbaines et intérieurs masculins élégants, il traduit l’atmosphère des vénérables clubs, so british au charme immuable. Direction la Patagonie, après le grand succès de son expédition sur les traces de Whymper, il entreprend une autre expédition en Amérique du Sud avec deux guides chevronnés pour explorer, de l’intérieur, cette région inhospitalière, de la même manière qu’il a arpenté l’Himalaya et l’Atlas. Il joue avec le réalisme du paysage qu’il a sous les yeux et la touche abstraite de ses pinceaux. Le vocabulaire de sa peinture reste le thème central de son travail. Son graal est de créer de larges espaces sur des toiles par nature aux dimensions restreintes. Donner ce sentiment d’immensité. Il a su traduire cette région sauvage du bout du monde, ce désert de glace, de vent, aux lacs cobalt, étant allé vivre au cœur des montagnes Fitzroy et Torres del Paine pour s’imprégner de cette immense beauté.

 

Cécile Paszkiewicz
clpaszkiewicz@orange.fr

 

Exposition de James Hart Dyke, galerie John Mitchell du 21 août au 2 septembre 2020
John Mitchell Gallery
17 Avery Row, Brook Street, London W1

 

à consulter :

 

Les maîtres indiens oubliés de la East India Company