| Cécile Masek | Février 2020 |

 

Crédit photo : Cécile Faure

 

Les tests en ligne se sont multipliés ces dernières années et pourraient laisser à penser qu’en quelques clics l’avenir professionnel serait aussi lisible que dans une boule de cristal. Or, la réalité est plus complexe. Non seulement parce que les métiers changent et que 85% des emplois de 2030 n’existeraient pas encore mais également car l’orientation s’inscrit dans un processus de maturation et que de nombreux paramètres rentrent en jeu pour parvenir à une prise de décision en la matière.

 

Questionnaires gratuits en ligne, avantages et limites

La première difficulté est de naviguer dans le foisonnement des questionnaires qui évaluent des sujets différents comme la personnalité, les valeurs, la motivation… Le thème premier en matière d’orientation est celui des intérêts. Le modèle le plus utilisé repose sur la typologie RIASEC (Réaliste-Investigateur-Artistique-Social-Entreprenarial-Conventionnel) d’après les travaux de John Holland. A l’issue du questionnaire un profil se dégage associant trois lettres qui permet de mettre en évidence ses principaux intérêts et de se projeter dans des métiers ou formations. On trouve ce type de questionnaire sur le site de Studyrama, notamment. Si l’on a déjà des idées de métier, d’autres tests existent qui se concentrent sur des sujets plus précis. C’est le cas des questionnaires proposés par l’Etudiant, par exemple, comme « Etes-vous fait pour devenir avocat ? »

 

Pour amorcer une réflexion

Les tests, ou plutôt questionnaires d’orientation, que l’on trouve sur internet, ont l’avantage de pouvoir amorcer une réflexion et de clarifier ses représentations tout en restant ludiques. Gratuits pour la plupart, ils sont souvent rapides à effectuer mais nécessitent de naviguer entre les publicités et de laisser ses coordonnées pour recevoir les résultats sauf si l’on opte pour les questionnaires proposés par l’ONISEP ou ceux du site du National Careers Service pour les personnes qui maîtrisent l’anglais. Attention toutefois, aucun test d’intérêt ne sera en mesure de donner le métier idéal car un même intérêt peut conduire à une multitude d’options et qu’un choix ne se décide pas seulement en fonction des intérêts. Pour optimiser l’effet de ces questionnaires, il faut prendre le temps d’explorer les différents types de métiers et de formation et donc de s’engager activement dans une réflexion, ce qui n’est pas toujours évident quand on est seul face à un ordinateur, une tablette ou un portable.

 

Et dans le cadre scolaire, quels outils ?

S’ajoute à cela, dans le cadre de l’éducation en France, des méthodes d’accompagnement proposées dans les collèges ou lycées comme Inforizon, GPO ou Pass Avenir pour ne citer qu’eux. Côté britannique, les établissements scolaires n’hésitent pas à recourir à des tests particulièrement intéressants car ils associent l’évaluation des compétences, des intérêts et de la personnalité. C’est le cas du test psychométrique Morrisby, pour un public anglophone ou maîtrisant bien l’anglais. Ce test payant est accessible en ligne mais nécessite un entretien de restitution avec un professionnel agréé. Il peut être également proposé par un conseiller d’orientation ou coach certifié par l’organisme.

 

L’évaluation non pas comme finalité mais maillon dans le processus d’orientation 

En effet, l’évaluation, que ce soit dans le domaine des intérêts ou autre, ne peut être une fin en soi. C’est pourquoi, dans le cadre d’un bilan d’orientation, il est parfois nécessaire d’aller plus loin et de se faire accompagner par un professionnel en mesure de dispenser des tests psychométriques validés, ce qui n’est pas le cas de la plupart des questionnaires en ligne. Les résultats de ces tests, choisis en fonction des requêtes initiales des clients, seront intégrés dans une approche globale de l’orientation pour co-construire avec le client (élève, étudiant, ou jeune professionnel), son projet personnel. Citons quelques questionnaires d’intérêts en français, l’IRMR3, l’Hexa3D et le Strong dispensés par les conseillers d’orientation, psychologues ou coachs.

 

Compréhension de soi afin de mieux s’orienter

Outre les intérêts, d’autres tests peuvent être proposés pour contribuer à une meilleure connaissance de soi. Certains ne sont administrés que par des psychologues diplômés d’État et sont destinés à évaluer les capacités cognitives comme le WISC basé sur les échelles de Wechsler ou les approches en traits de personnalité comme le Big 5 ou encore l’indicateur typologique de Myers-Briggs plus connu sous le nom de MBTI. D’autres questionnaires vont aborder des facettes différentes de la personne comme la motivation, l’affectivité, l’anxiété, l’estime de soi, le sentiment d’efficacité personnelle. L’éventail est important et peut contribuer à la compréhension de soi afin de mieux s’orienter. Toutefois, les tests doivent s’inscrire dans une démarche globale qui doit donner du sens à la personne évaluée car selon Jacques Grégoire (in Chartier, P., Terriot, K., Vrignaud, P. (2018)) l’adhésion de la personne aux conclusions et aux recommandations est la condition sine qua non d’efficacité de la procédure d’évaluation.

 

Les tests sont donc des outils utiles dans le cadre d’une réflexion sur soi et de développement personnel mais ne sauraient donner à eux seuls une réponse claire et unique. Ils peuvent néanmoins faire office de point de départ et objet de discussion pour construire son projet d’orientation au collège et au lycée ou tout au long de sa vie.

 

Cécile Masek
Conseillère d’orientation
Membre du Career Development Institute (CDI)

 

Test vs questionnaire :

Un test est un dispositif de mesures standardisé construit et validé selon les méthodes psychométriques. Ce terme recouvre aussi bien des épreuves dans le domaine du raisonnement, des compétences, des épreuves de performance que les questionnaires de personnalité et d’intérêts. Chartier, P. Terriot, K. Vrignaud, P. (2018)

 

Références :