| Hélène Guild | Avril 2019 |

 

La prise de conscience de la nouvelle génération sur les grands défis écologiques de l’avenir de notre planète explique l’émergence de nouveaux cycles d’études proches de la nature.

 

Crédit photo : University of Exeter, Erik Postma photographie.
Crédit photo : University of Exeter, Erik Postma photographie.

 

Aimer le Vivant !

Y a t’il un nouvel engouement pour les grandes problématiques de l’environnement et de la biodiversité ? L’agriculture biologique, le mouvement vegan, la tendance à l’éco-fashion ou les militants “Extinction Rebellion” sont autant de signes. Les habitudes de consommation sont modifiées par les applications qui vérifient les composants ou ingrédients des produits alimentaires ou cosmétiques. Les pics de pollution s’affichent sur nos écrans de Smartphones. Sans aucun doute, on observe un profond changement d’attitude chez les générations Y et Z (*). L’impact de l’humain sur la planète est au coeur de tous les débats : la guerre contre le plastique est déclarée !

Selon Edward O. Wilson (**) , entomologiste américain, la “biophilie” est l’attraction innée des êtres humains aux autres organismes vivants, “un penchant naturel, instinctif, qui nous pousse à nous intéresser à la vie et à ses processus, et rechercher un contact, authentique ou dérivé, mais intime, avec le vivant dans ses différents niveaux d’expression “. Pas besoin donc d’être un génie en maths pour faire une différence !

 

Botanique et Génétique

Comment les plantes construisent-elles des organes sophistiqués comme les feuilles ou les fleurs ? Comment parviennent-elles, par exemple, à distribuer les feuilles autour d’une tige, en produisant des formes fractales quasi parfaites ? Depuis toujours, les botanistes sont fascinés par ce talent végétal. Les recherches en génétique révolutionnent l’étude de la flore. Depuis les années 1990, les botanistes classent les plantes en fonction de leurs caractéristiques génétiques. A Cambridge, le département de “Plant science” dispose d’incroyables ressources et utilise son jardin botanique comme un laboratoire vivant. Les recherches portent aussi bien sur la conservation des espèces que sur la découverte de nouvelles molécules pour guérir le cancer.

 

“Green Growth” et Economie Verte

Les compétences vertes, green skills se déclinent en qualifications facilitant la transition vers une économie respectueuse de l’environnement. Actuellement, le besoin de rattrapage en matière de qualifications vertes est patent dans tous les champs professionnels et dans toutes les branches. Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), près de 60 millions d’emplois pourraient être créés d’ici 20 ans, rien que dans l’économie verte. La mutation verte concernerait la moitié des travailleurs sur le plan mondial, soit 1,5 milliard de personnes. L’OIT cite à titre de branches clés la sylviculture, la pisciculture, la production d’énergie, le recyclage, la construction et les transports… C’est la naissance de l’écotechnologie !

 

Profession “outdoor learning teacher”

Connie Blackett-Ord a toujours voulu enseigner à l’école primaire. Après ses études d’archéologie à Exeter, elle passe son “PGCE” (Postgraduate Certificate in Education) puis travaille au Weald and Downland  living Museum tout en apprenant les techniques pédagogiques de la Forest School (FSTC). Sa vocation est de partager sa passion pour la nature et de transmettre aux enfants qui ne connaissent que le milieu urbain. Avec Connie, la classe c’est dehors en toutes saisons ! Elle est devenue Outdoor learning teacher à Reay School, école publique du sud de Londres. Les cours sont structurés en fonction du curriculum. Connie fait même découvrir l’apiculture à ses élèves grâce aux ruches installées au fond du jardin. “N’oubliez jamais que les abeilles sont les sentinelles de la biodiversité”, dit-elle. Les enfants apprennent, observent et font des expériences. Pour certains, il s’agit de leur seule connexion avec la nature. Connie confirme les bienfaits de cette approche aussi bien pour la compréhension que le comportement.

 

Biologie et Écologie

A Exeter et Bristol les diplômes d’écologie combinent l’étude de la faune et de la flore en intégrant de nombreux stages de formation sur le terrain, au Royaume Uni et à l’étranger aussi bien sur terre qu’en milieu marin. Les étudiants partent à la découverte de destinations lointaines comme le Costa Rica, Bornéo, les Açores, l’Alaska ou les îles Galápagos. Les expériences professionnelles sont effectuées dans le cadre d’ONG environnementales. Il faut préciser que la biologie reste la science fondamentale de cette discipline et qu’un Bachelor dans cette matière est un véritable atout avant de se spécialiser dans les sciences de l’écologie et de la protection de l’environnement. L’étude des sciences de la nature (Natural sciences) est extrêmement exigeante avec beaucoup d’heures de cours et de laboratoire. À Cambridge, ce diplôme est connu pour être l’un des plus difficiles.

 

Etudes Equines: le cheval à toutes allures

La RAU (Royal Agricultural University), le Hartpury College, la Bristol Business School ou encore Aberystwyth University proposent différents programmes d’études sur l’élevage, les soins et le traitement des chevaux, le monde hippique sous tous ses aspects.  Que ce soit au niveau Undergraduate ou au niveau Master, il n’existe rien d’équivalent en France. Ces diplômes associent différents modules tels que la science animale, agricole et la gestion des terres, la science du sport, la technologie alimentaire… Il ne s’agit pas d’être un champion en équitation mais surtout d’être un passionné du monde animal.

 

Aller mieux autrement

Parfois appelée  « Thérapie verte », l’éco-thérapie inclus différentes méthodes de « restauration de la santé mentale ». On peut citer les pratiques de reconnexion avec la nature, la thérapie horticulturale, la thérapie assistée par des animaux, le travail en nature sauvage, le travail sur l’éco-anxiété. Nous sommes biologiquement programmés pour interagir avec notre environnement naturel – l’air, l’eau, les plantes et les animaux. Ainsi le jardinage est il utilisé comme outil thérapeutique dans les hôpitaux, les maisons de retraite ou auprès des handicapés. On observe une baisse du taux de cortisol, hormone du stress, chez les patients qui participent à ces ateliers en pleine nature. L’Université de Coventry propose par exemple un diplôme de Social and Therapeutic Horticulture qui peut s’ajouter à une première formation en psychologie ou en horticulture.

 

Agro-écologie et robotique

Changement de siècle et changement d’agriculture, l’homme est il vraiment maître de la nature? Les pratiques agricoles évoluent vers une approche à la fois régénérative et scientifique. Avec l’appauvrissement des sols, l’agriculteur moderne s’inspire du courant agro-écologique (restauration des sols dégradés, augmentation de la biodiversité, réduction des engrais chimiques, herbicides et pesticides, etc). La ferme de demain est-elle comme Iron Ox, en Californie, qui utilise les nouvelles technologies et la robotique pour des plantations hors-sol à la verticale et à l’horizontale ? L’ère des biotechnologies monte en puissance : les biotechnologies agricoles sont de plus en plus utilisées dans l’agriculture, l’élevage et l’agro-industrie pour garantir la sécurité alimentaires des générations futures, faciliter l’adaptation au changement climatique et conserver les ressources naturelles.

 

Hélène Guild
helene@familyguild.org

 


 

(*) La génération Y est née entre 1980 et 2000 et la génération Z est née depuis l’an 2 000

(**) WILSON Edward O, Biophilia, Harvard University Press, janvier 1986, 176 pages