| Marie Briens | Juin 2021 |

 

Au-delà de l’impact sanitaire et économique, la crise du Covid-19 a fait apparaître des failles importantes dans les systèmes sociaux de nombreux pays européens. L’aggravation des inégalités a été particulièrement frappante, 20% de la population du Royaume-Uni vivant aujourd’hui en dessous du seuil de pauvreté, soit 14 millions de personnes.

Heureusement, un élan de solidarité s’est vite développé à travers le pays, et de nombreux individus, sociétés et associations n’ont pas hésité à donner de leur temps, moyens et idées pour apporter leur soutien aux communautés vulnérables les plus touchées.

 

The Big Heart Edit

 

L’achat solidaire au bénéfice des plus défavorisés

C’est dans ce cadre qu’un collectif de 6 françaises et 1 anglaise, issues d’univers professionnels variés – mode, commerce de détail, édition, conseil – se sont ainsi associées pour lever des fonds au profit des plus vulnérables, et ce en allant chercher la génération qui consomme là où elle se trouve : sur Instagram. À travers des ventes aux enchères sur la plateforme digitale, The Big Heart Edit associe marques et enchérisseurs autour d’un concept simple, l’achat solidaire (#shopforgoood ou #shopforpurpose).

Au rythme de ventes thématiques toutes les 2 semaines, les followers enchérissent dans les commentaires de chaque lot. L’enchère la plus élevée remporte la mise, le gagnant ou la gagnante fait la donation et reçoit le lot envoyé par la marque. Une quarantaine de marques ont déjà participé à ce jeu solidaire, comme Rae Faether, Sloane Stationary, Muzungu Sisters ou Bon Parfumeur, ainsi que des auteurs et illustrateurs de talent comme Aurélie Baudry de HomeDrawn. Sophie, qui a remporté un lot lors de la première vente, est enthousiaste : « J’adore le concept ! Je découvre de nouvelles marques indépendantes et je suis ravie d’aider : c’est le meilleur des deux mondes ».

 

Volontariat et impact sociétal

Pour une partie des co-fondatrices confinées, ce projet leur a permis de mettre à profit leurs compétences, et de sortir d’un quotidien souvent restrictif entre enfants à la maison et tâches ménagères. « Je me sentais impuissante, bloquée chez moi avec 2 enfants de 1 et 3 ans, sans pouvoir participer à cet effort de solidarité. Avec The Big Heart Edit, on peut parler de home-volunteering (volontariat à distance) », plaisante Olivia, qui habite à Londres.

Le projet prend par ailleurs appui sur un constat : les millennials et la génération Z ont besoin de marques qui leur parlent. Selon une étude Nielsen, 73% des millennials sont prêts à payer plus pour des marques socialement responsables : ils ont à cœur les valeurs de partage, de protection de l’environnement, de bonne gouvernance – et attendent des marques ce type d’engagement. Ils achètent seconde main, recyclent, expérimentent de nouveaux procédés, et veulent de l’originalité et de l’unicité loin du one size fits all de la fast fashion. Des thématiques que The Big Heart Edit propose aux marques participant de mettre en avant sur leur plateforme pour toucher un public averti.

 

Consommer responsable

C’est aussi le thème de la consommation responsable que l’équipe de The Big Heart Edit veut aborder à travers leurs ventes solidaires. “Nous avons choisi une organisation qui fait partie d’une économie circulaire – Goods For Goods. 85% des produits essentiels qu’ils distribuent sont donnés par des entreprises dont le stock serait parti à la décharge », explique Ariane, l’une des co-fondatrices. « Ces produits neufs font toute la différence pour des personnes dans le besoin ou qui sont habituées à la seconde main ». « Elles nous confient être émues qu’on ait pensé à elles, et qu’une paire de basket neuves leur redonne un sentiment de dignité », raconte Rosalind, la fondatrice de Goods For Good, qui a elle-même été élevée dans une famille très modeste qui survivait grâce à des dons.

Pour Manuela, qui a travaillé dans l’univers philanthropique, « Il y a toujours eu une tradition de cercles de donateurs – et d’ailleurs souvent féminins – qui soutiennent des causes et se réunissent autour d’intérêts communs. Aujourd’hui, avec Instagram, on peut réunir une communauté virtuelle beaucoup plus rapidement autour d’une cause, et ce de façon virale. C’est un outil qui permet d’atteindre rapidement une audience engagée”.

 

The Big Heart Edit espère lever £20,000 pour Goods for Good dans les 2 prochains mois, et ce n’est que le début de leur mission.

 

Marie Briens

 

Pour participer aux ventes, suivre @thebigheartedit

Si vous êtes une marque et souhaitez donner un lot : hello@thebigheartedit.com

Pour découvrir et soutenir l’action de Goods for Good : www.goodsforgood.org.uk

 

Sources :

 

Fast Fashion vs Second Hand