On jubile à La Page : septembre puis octobre ont clôturé la rentrée sur les chapeaux de roue, puis est revenu le temps des découvertes de la rentrée littéraire que nous avions commencée en août, avec la passion et la soif des chercheurs d’or pour faire nos sélections diverses parmi plus de 500 nouveautés francophones ! Sélections pour nos partenaires de prix : le Choix Goncourt du Royaume Uni, le Prix de Gaulle, et surtout bien sûr nos choix pour la librairie, ce que nous allons vous proposer de découvrir et mettre en  pile sur nos tables pour votre plaisir de lecteur.

 

Ceux que je suis

Nous avons défendu notamment avec conviction le livre d’Olivier Dorchamps, « Ceux que je suis », paru aux Editions Finitude à la rentrée. Parce que c’est un premier roman et qu’il y a donc un talent particulier que l’on n’a qu’une fois l’occasion de révéler ; parce qu’Olivier Dorchamps habite à Londres, et qu’il a suivi les ateliers d’écriture de Dominique Pourteau-Darriet, coach littéraire depuis plus de quinze ans (listesratures.net) et parce que l’on a été conquis de façon unanime par cette histoire de transmission, de deuil, de fratrie, d’amour familial, et de secret des origines.

 

Le café littéraire mensuel de la librairie vous a permis de découvrir début octobre, puis novembre, et bientôt en décembre, tous les autres romans inattendus et discrets qui ont été décortiqués pour vous par les libraires de La Page : parmi eux, nous avions bien sûr lu le livre de Jean-Paul Dubois au titre merveilleux : « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon », paru aux Editions de l’Olivier.

 

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon

Ce livre vient d’être primé par l’Académie Goncourt, et nous sommes heureux de vous le présenter :

Paul Hansen purge une peine de deux ans dans une prison du Canada. Pas très lourde, cette peine, dont le motif ne sera dévoilé que tard dans le roman, mais suffisamment longue pour avoir le temps de convoquer ses souvenirs, de faire le bilan de sa vie et d’observer ce nouvel horizon qui est le sien : une cellule de six mètres carrés.

Deux récits s’entrelacent alors : celui de sa vie d’homme ordinaire qui voit peu à peu son univers s’effondrer, et celui de sa vie quotidienne avec son codétenu. Car celui-ci vaut son pesant d’or : inénarrable Horton, Hells Angel incarcéré pour meurtre, tellement présent qu’il compte pour « un homme et demi », ne pense qu’à trucider son prochain mais s’évanouit quand on lui coupe les cheveux. Campant ses personnages secondaires avec une tendresse contagieuse, Dubois dresse le portrait d’une époque révolue où un pasteur danois en pleine crise de foi cohabite tant bien que mal avec une épouse soixante-huitarde qui promeut des films pornos dans son cinéma d’art et essais.

Et c’est là que le talent de Jean-Paul Dubois opère : on a beau être enfermé avec le héros dans une pièce sans espoir, c’est l’humanité entière qui s’engouffre dans son récit au fur et à mesure qu’il raconte son histoire. Voilà un roman sensible et drôle, toujours juste, métaphore mélancolique du tour que prend notre société et qu’on quitte à regret, bien heureux d’avoir contemplé la façon dont les personnages de Dubois habitent le monde.

 

L’équipe de La Librairie La Page
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